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Présentation
Au cours de la
première fiche consacrée au marché des changes vous avez cerné un des
aspects majeur du trading sur devises, les taux d’intérêts. Une technique
d’investissement consiste justement à tirer profit de ces différentiels de taux
d’intérêts dans sa stratégie de trading, les anglo-saxons la nomment le « carry
trading ».
Cette stratégie est l'une des plus utilisées sur le marché des changes par les
investisseurs, qu'ils soient particuliers ou que ce soit de très gros « hedge
funds » (fonds d'investissement spéculatifs).
Le principe de base est simple : se positionner sur des paires de devises qui
présentent un fort différentiel de taux d’intérêt pour encaisser ce dernier.
Plus le différentiel entre les taux est fort, plus vous encaissez d'intérêts.
Cela revient à emprunter dans une devise à faible taux d'intérêt pour acheter
une autre devise à fort taux d'intérêt.
Exemple concret : le cas de « l’investisseur suisse »
Imaginez que vous êtes suisse et que vous avez une somme d’argent à placer sans
risque sur un livret d’épargne. Le taux suisse à court terme étant actuellement
de 1%, c’est ce que vous rapportera votre placement dans les banques du pays.
En regardant un peu ce que font vos voisins européens, vous vous apercevez qu’un
livret d’épargne rapporte 4,50% en Grande Bretagne. La tentation est alors
grande de changer vos francs suisses en livres sterling pour placer votre
épargne en Angleterre. La dématérialisation des flux financiers permet
facilement ce genre de délocalisation de votre épargne pour toucher des intérêts
4 fois et demi supérieurs à ceux proposés dans votre pays.
Si à la fin de l’année la livre sterling est restée stable par rapport au franc
suisse, votre stratégie a parfaitement fonctionné. Si de surcroit la livre
sterling s’est appréciée par rapport au franc suisse, votre opération est encore
plus intéressante. Néanmoins si la livre a baissé, vous pourrez être perdant et
notamment si elle a reculé de plus de 3,5%, soit la différence entre les taux
d'intérêt des deux pays.
Cet exemple concret nous montre de manière claire ce qu’est le carry trading,
c’est une stratégie qui consiste à placer son argent sur des devises à taux
d’intérêt élevé.
Certes vous allez dire que gagner 4,5% au lieu de 1% n’est pas une affaire
extraordinaire, c’est alors là qu’intervient un des plus puissants outils de
l’investissement sur le marché des changes : l’effet de levier.
Comme nous l’avons vu plus tôt, le Forex permet un effet de levier jusqu’à 400
fois le montant de ses avoirs. En restant raisonnable et en limitant l’effet de
levier à 10 fois, notre investisseur Suisse aurait gagné 45% sur l’année, un
rendement qui commence à faire rêver !
Deuxième effet : l’orientation des flux monétaires
Pour reprendre l’exemple de notre ami suisse, imaginons que celui-ci passe le
mot à son voisin, à ses amis, etc. et que cela fasse un effet boule de neige,
que se passera t’il ?
On constatera soudain une forte demande pour la livre sterling au dépend du
franc suisse, délaissé. Dans ce cas, la règle de l’offre et la demande va
naturellement faire monter le cours de la livre sterling face au franc suisse.
C'est exactement ce qu'il se passe sur le marché des changes où les
investisseurs sont toujours en train de réaliser des arbitrages entre les
monnaies à fort taux d'intérêt et les monnaies à faible taux d'intérêt. Si un
pays veut faire rentrer des capitaux, il peut utiliser cette arme monétaire pour
attirer les investisseurs.
Intérêt encaissé/payé sur quelques paires (basé sur les taux d'intérêt en
avril 2006)
Positions qui versent un intérêt à l’investisseur
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Paire de devises |
Intérêt annuel en % |
Position |
|
|
|
|
|
NZD/JPY |
7,00% |
Longue |
|
AUD/JPY |
5,50% |
Longue |
|
GBP/JPY |
4,50% |
Longue |
|
GBP/CHF |
3,50% |
Longue |
|
USD/MXN |
3,30% |
Courte |
|
EUR/AUD |
3,25% |
Courte |
|
USD/CHF |
3,50% |
Longue |
|
EUR/USD |
2,25% |
Courte |
|
EUR/JPY |
2,25% |
Longue |
|
EUR/CHF |
1,25% |
Longue |
Positions pour lesquelles un investisseur paie des
intérêts
|
Paire de devises |
Intérêt annuel en % |
Position |
|
|
|
|
|
USD/JPY |
-4,50% |
Courte |
|
EUR/USD |
-2,25% |
Longue |
|
EUR/JPY |
-2,25% |
Courte |
|
CHF/JPY |
-1,00% |
Courte |
Exemple sur le Forex avec la paire NZD/JPY
La paire la plus rémunératrice actuellement sur le marché est d’être acheteur du
NZD/JPY. Le japon à des taux nuls sur le yen et la Nouvelle-Zélande propose un
taux monétaire très élevé de 7,25%. Compte-tenu des marges du courtier une telle
position vous rapporte un peu moins que le différentiel théorique, soit environ
6,30% par an, c’est déjà un beau rendement mais l’effet de levier peut en faire
un investissement fabuleux.
Ainsi, simplement en levier 10 (100 000 $ investis avec un dépôt d’espèces de 10
000 $) vous toucherez 63% par an sur vos actifs de 10 000 $ ! Je vous laisse le
soin de faire le calcul en levier 100 ...

Si en plus on rajoute que le NZD s’est apprécié de 8% face au yen durant l’année
2005, voici le petit détail de nos gains à la fin de l’année 2005 en ayant
acheté 100 000 NZD/JPY en janvier 2005 (toujours avec notre compte de 10 000 $
en levier 10)
Gains en intérêts : 6 300 $ (6,3% de 100 000)
Gains en capital : 8 000 $ (8% de 100 000)
Total des gains : 14 300 $
Bilan de l’opération : un gain de 14 300 $ avec un capital immobilisé de 10 000
$ pendant un an. Cela donne un rendement annuel faramineux de 143% !
Bien évidemment dans la pratique, nous ne pourrons pas nous permettre de nous
positionner sur une seule paire de devises avec un fort effet de levier car cela
nous fera prendre un risque considérable. La célèbre devise « il ne faut pas
mettre tous ses œufs dans le même panier » est à suivre au pied de la lettre sur
le marché des changes, comme pour tous les autres investissements.
Si l'exemple semble séduisant et laisse augurer des gains importants avec une
telle stratégie, cette dernière devra être particulièrement bien pensée et
suivre des règles strictes pour limiter les risques au maximum. Il y aura
toujours un arbitrage à faire entre le risque et la rentabilité, le tout étant
de trouver le couple optimum.
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