Atos est en quelque sorte la honte de la Bourse de Paris dans le registre de la mauvaise gestion d'une société phare de la cote parisienne. Pensons un l'instant que le titre faisait encore parti du CAC 40 jusqu'en septembre 2021 et qu'aujourd'hui il capitalise à peine plus de 200 millions d'euros, la taille d'une PME.
Une descente aux enfers totalement justifiée et rendue possible par l'extrême médiocrité des dirigeants qui se sont succédés à la tête du groupe depuis 10 ans. Une succession d'erreurs stratégiques, de mauvaise gestion et de communication plus qu'hasardeuse en direction des actionnaires. Il en résulte une catastrophe industrielle avec un groupe qui est maintenant aux abois et qui est globalement à la main de ses créanciers.
Si on n'ose pas encore évoquer des scénarios à la Casino ou à la Orpea, il faut bien avoir en tête que le risque pour les actionnaires est aujourd'hui maximal. Si pendant longtemps nous avons pensé que la société pouvait être redressée sur ses qualités propres, aujourd'hui le poids de la dette et les échéances de court terme qui se profilent rendent forcément l'équation difficile. Si rien n'est exclu en termes de spéculation, car il y a beaucoup de bruit autour du dossier, nous estimons que le potentiel de relance spéculative est inférieur au risque de perdre beaucoup.
Un signe qui ne trompe pas, les ventes à découvert sont à un niveau record et pas un seul Hedge Fund ne débloque encore ses positions alors que le titre est au plus bas. C'est dire si peu de monde ne croit en un redressement magique. Aujourd'hui plus de 16% du capital est vendu à découvert.
Le dossier n'intéressera donc que ceux qui accepteront de prendre des risques élevés. Pour les autres, il nous semble très risqué de rentrer aujourd'hui à l'achat. Enfin, pour les anciens actionnaires qui ont aujourd'hui quasiment tout perdu, il ne sert pas à grand-chose de solder la ligne si cette dernières ne représente quasiment plus rien dans le portefeuille.
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