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Le gouvernement promet finalement une augmentation générale aux fonctionnaires


Actualité publiée le 14/03/22 22:10

Manifestation interprofessionnelle pour la hausse des salaires et l'emploi, à Nantes le 27 janvier 2022 (AFP/Archives/LOIC VENANCE)

Augmentation générale en vue pour les 5,7 millions d'agents publics: à un mois de la présidentielle, le gouvernement a annoncé lundi le dégel du point d'indice "avant l'été", une mesure réclamée de longue date par les syndicats.

"La décision est prise aujourd’hui, nous allons lancer les discussions avec toutes les parties prenantes (...) afin de permettre qu’elle soit effective (...) avant l’été", a déclaré la ministre Amélie de Montchalin dans un entretien au journal Le Parisien.

Ce prochain dégel du "point", qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires et contractuels, marque une rupture avec la politique salariale menée jusqu'ici par le gouvernement, plus favorable à des revalorisations ciblées.

Plus généralement, les augmentations générales se font rares depuis une dizaine d'années. La dernière avait été consentie par François Hollande en février 2017, déjà en fin de mandat. Le président socialiste avait dégelé la valeur du point en deux temps, pour la porter à 4,68 euros.

Une raréfaction des augmentations que sept des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique s'apprêtaient à dénoncer une nouvelle fois jeudi, en s'associant à une mobilisation interprofessionnelle pour les salaires.


La ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Amélie de Montchalin, le 9 mars 2022 à la sortie du palais de l'Elysée (AFP/Archives/Ludovic MARIN)

"Il y a un élément nouveau aujourd’hui", a insisté lundi la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques pour justifier le changement de cap. "L’inflation persiste, elle est forte et durable", a souligné Amélie de Montchalin.

Selon une première estimation de l'Insee, l'indice des prix à la consommation a de fait bondi de 3,6% au mois de février sur un an, alimenté par la flambée des prix de l'énergie, aggravée par le conflit russo-ukrainien.

Pour "protéger le pouvoir d'achat des fonctionnaires" et contractuels, le gouvernement a également choisi d'agir sur l'indemnité kilométrique perçue par les agents qui utilisent leur véhicule personnel dans le cadre de leurs fonctions.

"Nous allons l’augmenter, comme pour les salariés du privé, d’au moins 10 %", a précisé la ministre au Parisien, et "cette mesure sera effective dans les prochains jours."

- Timing -

A moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, le ministère a assuré à l'AFP que ces mesures avaient été décidées "sur la base de déterminants économiques".

"Ca n'est pas une décision politique, mais un amortisseur pour protéger le pouvoir d'achat des fonctionnaires" et des contractuels, a-t-il encore argumenté.

Les négociations avec les employeurs publics commenceront dans les prochains jours, a précisé le ministère.

Du côté des syndicats dominait lundi soir la satisfaction d'avoir obtenu gain de cause sur une revendication portée de longue date. Mais ils restaient prudents quant à la traduction concrète de cette mesure sur la feuille de paie des agents, notamment en cas d'alternance politique.

"Les négociations sur les rémunérations des agents publics sont plus que jamais à inscrire dans le calendrier des prochains mois quel que soit le prochain gouvernement", a insisté sur Twitter Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, qui n'avait pas appelé à la mobilisation jeudi.

L'annonce survient "dans un timing qui ne laisse personne dupe", a réagi sur le même réseau social Gaëlle Martinez (Solidaires Fonction publique).

"L’urgence est telle que le pourcentage de revalorisation devra être très élevé pour combler le retard", a-t-elle ajouté.

Secrétaire général de l'Unsa-FP, Luc Farré a quant à lui salué une "bonne nouvelle", tandis que Céline Verzeletti (UFSE-CGT) a demandé "des augmentations générales maintenant et pas dans trois mois."

Si le dégel du point d'indice se confirme, il sera inscrit "dans une loi de finances rectificative, qui devra être votée au Parlement cet été", a précisé Amélie de Montchalin lundi soir.

Son montant précis sera calibré "en concertation avec les organisations syndicales et les employeurs", a-t-elle affirmé, précisant à titre d'exemple qu'une hausse d'1% de la valeur du point aurait un coût de deux milliards d'euros pour le gouvernement.

© 2022 AFP

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