
(Zonebourse.com) - La Bourse de Paris débute la séance dans le rouge vendredi matin, au terme d'une semaine compliquée pour les actifs français, dans un climat alourdi par les incertitudes politiques à l'approche d'un vote de confiance décisif contre le gouvernement Bayrou. L'indice CAC 40 recule de 0,7% vers 7710 points.
Le marché parisien a subi d'importants dégagements en début de semaine, les investisseurs redoutant que le vote de confiance, convoqué par François Bayrou, n'entraîne la démission de son gouvernement, une nouvelle impasse budgétaire, un regain de défiance envers la dette française et, in fine, une dégradation par les grandes agences de notation.
Ces craintes d'une détérioration de la situation économique et financière dans l'Hexagone ont logiquement pesé sur le CAC 40, qui affiche pour l'heure un repli hebdomadaire de 3,2%, soit une baisse nettement plus marquée que celle de l'Euro Stoxx 50 (-1,6% sur la semaine).
Mais les espoirs de reprise économique mondiale, notamment aux Etats-Unis, ont soutenu en parallèle les valeurs du luxe, permettant aux poids lourds du secteur - LVMH, Hermès et Kering - d'inscrire des gains cette semaine.
Certains analystes relativisent toutefois l'impact de l'instabilité politique française, un scénario déjà observé à la fin de l'an dernier, estimant qu'il ne devrait pas peser durablement sur les marchés financiers.
'Le marché intègre déjà une forte prime de risque: les OAT sont bon marché par rapport à leurs fondamentaux et tiennent déjà compte d'éventuelles dégradations de la note souveraine', souligne George Saravelos, responsable de la recherche sur les devises chez Deutsche Bank.
'En cas de chute du gouvernement, les alternatives (nouveau Premier ministre ou élections menant encore à un parlement fragmenté) ne seraient pas forcément pires que la situation actuelle', fait-il valoir.
'Au final, malgré le bruit politique, la France fonctionne de facto avec une coalition qui a réussi à faire passer un budget 2025 strict et à tenir ses engagements de rigueur', conclut le stratège de Deutsche Bank.
Sur le marché obligataire, le rendement des OAT s'est d'ailleurs détendu de 3,6 points de base à 3,477% hier, tandis que celui des Bunds se maintenait vers 2,694%, ayant pour effet une contraction de 3,5 points du 'spread' qui retombe vers 78 points de base.
Dans ce contexte, les investisseurs vont pouvoir se concentrer sur la situation économique aux Etats-Unis et suivront très certainement avec attention la publication, aujourd'hui à 14h30, de l'indice des prix 'core' PCE aux Etats-Unis, la mesure de l'inflation privilégiée par la Réserve Fédérale, qui devrait donner des indications sur la probabilité d'une baisse de taux le mois prochain.
Alors que les anticipations d'inflation avaient reculé ces derniers mois, l'impact des nouveaux droits de douane semble avoir récemment ravivé les craintes d'un retour des tensions sur les prix.
Dans la soirée d'hier, Christopher Waller, l'un des gouverneurs de la banque centrale américaine, a néanmoins réaffirmé qu'une baisse de 25 points de base restait le scénario le plus probable à l'issue de la réunion du 17 septembres, mais s'est également dit prêt à soutenir un geste plus fort si le rapport sur l'emploi pour le mois d'août, attendu le 5 septembre, devait révéler un net affaiblissement du marché du travail.
En dépit des résultats contrastés de Nvidia, la Bourse de New York a rebondi jeudi en fin de séance, les investisseurs se focalisant sur des titres liés à la consommation et à la technologie qui devraient profiter à plein d'éventuelles baisses de taux d'ici à la fin de l'année.
Wall Street se prépare à finir le mois d'août en beauté, puisque la place américaine se dirige vers son quatrième mois de hausse consécutive, avec un S&P 500 qui vogue à chaque séance de record en record.
De façon assez contre-intuitive, le billet vert n'a pas bénéficié de la seconde estimation PIB des Etats-Unis au titre du deuxième trimestre, laquelle a été révisée significativement à la hausse à 3,3%, bien au-dessus de la première lecture qui la donnait à 3%.
Le rendement des Treasuries à dix ans continue de se tasser, pour évoluer désormais autour de 4,20%, mais les taux américains pourraient réagir aux chiffres de l'inflation 'core PCE' aux Etats-Unis ainsi qu'à l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan qui paraîtra dans le courant de la matinée.
Privés de catalyseurs, les cours du brut poursuivent leurs mouvements erratiques des derniers jours. Le baril de brent cède 0,5% à 68,3 dollars et celui du brut léger américain lâche 0,5% à 64,3 dollars, mais les deux contrats de référence s'acheminent malgré tout vers une hausse hebdomadaire, pour la deuxième semaine d'affilée.
Copyright © 2025 Zonebourse.com - All rights reserved.