Le Service de Règlement Différé (SRD), partie 1

Du RM vers le SRD

Le Règlement Mensuel (RM), spécificité française, s'est éteint le 25 septembre 2000. Depuis, le mode de négociation et de règlement est identique sur tous les marchés, avec une généralisation du comptant.

Cette décision est née de plusieurs facteurs et notamment des objectifs de modernisation et de convergence des différents marchés européens. Paris étant le seul à utiliser ce mode de règlement, cette modification répond à une harmonisation des procédures des bourses européennes.

srdCependant, pour permettre aux actionnaires qui souhaitent différer le règlement de leur opération et ainsi bénéficier des joies de l'effet de levier, de la vente à découvert et du règlement différé, les intermédiaires financiers proposent un palliatif : le Service de règlement Différé (SRD).

Quelles valeurs pour le SRD ?

Le SRD n'est pas autorisé sur toutes les valeurs, il concerne uniquement les principales sociétés françaises et étrangères négociées à Paris. Ces valeurs sont dites les plus "actives" de la cote, c'est à dire que ce sont celles qui ont le plus fort volume de transactions. Les autres seront obligatoirement négociées au comptant. C'est avec 40 valeurs de ce marché qu'est calculé le CAC 40.

Pour être éligibles au SRD, les valeurs doivent remplir un certain nombre de critères :

 - Les valeurs doivent appartenir à l'indice SBF120 ;
 - Leur capitalisation doit dépasser 1 milliard d'euros ;
 - Le volume quotidien de transactions doit excéder un million d'euros.

Dès qu'une valeur remplit les conditions requises, elle fait son entrée au SRD quatre semaines plus tard. Par contre, les éventuels retraits ne se font qu'une fois par an. Il y a environ 130 sociétés qui sont éligibles au SRD sur le place parisienne, elle peuvent donc être achetées à crédit ou encore vendues à découvert.

Le SRD "long only"

Une catégorie annexe au SRD a été créée en 2010 afin de dynamiser le marché, il s'agit du SRD "long only". En français cela veut dire des actions qui ne peuvent être qu'achetées, et qui ne peuvent être vendues à découvert.

Les actions de cette catégorie bénéficient donc comme pour le SRD de l'achat à crédit et de l'effet de levier mais uniquement dans le sens de l'achat. La vente à découvert de ces titres est donc interdite. Pour rentrer dans cette catégorie, les titres doivent présenter une liquidité minimale (nombre d'échanges par jour) de 100.000 euros.

Environ 120 sociétés sont éligibles au SRD "long only".

Le mécanisme du crédit

Sur le SRD, comme son nom l'indique, le dénouement des opérations (paiement pour des achats ou encaissement pour des ventes) ne se fait qu'à la fin du mois boursier.

En d'autres termes, vous pouvez acheter et vendre la même action durant le mois boursier sans avoir à débourser des liquidités. Vous encaisserez des liquidités si le prix de vente est supérieur au prix d'achat, et vous paierez si le prix d'achat est supérieur au prix de vente.

Ce qui veut dire aussi, qu'entre la date d'achat et la date de vente vous avez bénéficié d'un crédit (car le jour de l'achat vous n'avez pas payé les titres). Si vous voulez réellement acheter les titres, vous ne les paierez qu'à la fin du mois. "Malheureusement", mais c'est la règle, ceci est vrai dans l'autre sens, vous ne serez payé qu'à la fin du mois si vous en vendez. Le coût de ce crédit est calculé par chaque intermédiaire financier (Broker, Banque ou Société de Bourse).

Si vous souhaitez bénéficier du report de paiement, vous devez spécifier lors du passage de votre ordre : ordre avec service de règlement différé (SRD).

La couverture

Un autre gros avantage du SRD, c'est la notion de couverture qui permet d'acheter des titres pour une valeur supérieure au montant de ses liquidités, mais cela dans une certaine limite. Chaque actif financier que vous détenez, vous apporte une couverture plus en moins forte en fonction de sa nature. Cette limite répond aux règles suivantes :

Nature des actifs détenus Effet de levier disponible (maximal)
Liquidités ou OPCVM monétaires 5 fois le montant détenu

Obligations ou OPCVM obligataires 4 fois le montant détenu

Actions françaises ou OPCVM d'actions 2,55 fois le montant détenu


Exemple : admettons qu'à un instant t, la composition de votre portefeuille soit la suivante: vous détenez 40 000 euros en espèces et 50 000 euros en actions achetées ferme et 10 000 euros d'obligations.

L'engagement maximal que vous pouvez prendre sur le marché (couverture) s'élève à 40 000 * 5 + 50 000 * 2,5 + 10 000 * 4 soit 365 000 euros.

Cela signifie que vous pouvez, avec votre portefeuille de 100 000 euros acheter ou vendre à découvert jusqu'à 365 000 euros d'actions sur le marché.

Attention, en utilisant l'effet de levier maximum, si vous gagnez 5% (pour une position de 365000 € cela fait 18 250 € de gains, c'est très bien) tout va bien. Mais si vous perdez 5% (pour une position de 365 000 € cela fait 18 250 € aussi), ils seront déduits de vos liquidités et de ce fait le montant de vos engagements diminuera d'autant.

Dans notre cas votre compte espèces serait de 21 750 € (soit 40 000 € - 18 250 € de moins-values potentielles), ce qui donne une couverture de :

21 750 * 5 + 50 000 * 2,5 + 10 000 * 4 = 273 750 €

C'est à dire que votre position est supérieure de 91 250 € (365 000 - 273 750) au montant maximum de votre engagement. Dans ce cas, votre établissement financier est en mesure de vous demander soit d'alléger votre position en vendant des actions, soit d'augmenter votre couverture.

Dans notre cas 3 possibilités s'offrent à vous :

 - Vous vendez pour 40 000 € d'actions que vous avez réellement dans votre portefeuille. Votre couverture devient :

(21 750 + 40 000 ) * 5  + 10 000 * 2,5 + 10 000 * 4 = 373 750 €. Ainsi, votre couverture est redevenu positive par le seul jeu de l'arbitrage entre vos différents actifs.

 - Vous créditez votre compte liquidités de 20 000 €, ce qui vous apporte 100 000 € de couverture supplémentaire.

 - Vous allégez votre position d'engagement d'environ 100 000 €.

Page suivante

Cette page vous a plu ? :


A lire également
Pour aller plus loin avec les livres