Les bons de souscription, partie 2
Création des bons
Obligation à bon de souscription
La création de bons est liée à une émission
d'obligations. En assortissant celle-ci de bons,
l'émetteur peut se permettre de proposer ses
obligations à un taux inférieur à celui du
marché. Les modalités de l'opération sont
calculées de manière à compenser par la
valeur théorique du bon le manque à gagner
pour le porteur d'obligation.
Action à bon de souscription
Cette fois, la naissance des bons est concomitante à
une augmentation de capital en numéraire. En
répartissant un bon avec les actions nouvelles émises,
la société rend ces dernières plus attrayantes pour
les souscripteurs. Cela lui permet d'émettre ses titres
à un prix plus élevé, grâce à la " prime
" que constitue le bon.
Création autonome de bons
Une société peut décider de créer des bons de
souscription d'actions sans les lier à une autre
opération.
Ces bons peuvent être proposés contre paiement et, à
ce moment là, leur prix doit être calculé de manière
à rendre l'opération attrayante, ou bien distribuée
gratuitement aux actionnaires. Dans ce dernier cas, la
société cherche à récompenser en quelque sorte ses
actionnaires - par exemple pour avoir renoncé à leur
droit préférentiel de souscription lors d'une autre
opération - tout en s'assurant à terme d'une probable
augmentation de capital différée.
Spécificité du bon
Il
faut bien souligner que l'obligation ou
l'action à bon de souscription, contrairement à ce que
l'on croit souvent, n'a pas d'existence boursière
propre.
Éphémères par nature, ces titres sont scindés dès
leur naissance en une obligation et un bon ou une action
et un bon qui poursuivront leurs vies boursières
totalement séparées. Il est fréquent que, la
"clientèle" des obligations et des bons
étant très différentes, les souscripteurs vendent
très vite un des deux titres pour miser uniquement sur
l'autre.
Il est donc tout à fait illogique de considérer ABSA,
OBSA, OBSO... comme étant chacune une valeur mobilière
originale et de se complaire dans le charabia en
multipliant les abréviations de ce genre qui ne
correspondent finalement qu'à des modalités
d'émission des bons ou à des catégories de bons
particulières.
On peut souscrire à des OBSA, des ABSA, etc... mais,
comme ces titres se dissocient immédiatement, on peut
affirmer que personne ne peut être vraiment détenteur
d'OBSA, d'ABSA... On est toujours propriétaire, soit de
bons, soit d'obligations, soit d'actions.
Catégories particulières
Pour limiter les risques pris par les porteurs de warrants ou
satisfaire certains objectifs poursuivis par la société
émettrice, les bons sont parfois assortis de modalités
particulières.
Bons de souscription d'actions
remboursables
Pour éviter au porteur de bon le risque de perte
complète, certaines sociétés s'engagent à reprendre
à un prix déterminé les bons non exercés à
l'échéance.La société prend ainsi un pari qui
traduit sa confiance dans ses cours futurs. Les capitaux
levés au départ par l'émission qui a donné naissance
aux bons lui coûteraient plus cher au cas où elle
perdrait ce pari. Mais l'avantage d'un remboursement du
bon est souvent payé par le souscripteur, les
conditions de l'émission tenant compte de cette
modalité.
On remarquera que, dès que les cours du bon montent,
son caractère remboursable perd de son intérêt.
Bons de souscription d'actions à prix
révisable
Au lieu d'être fixé une fois pour toutes, le prix
d'exercice est révisé périodiquement. En général,
il est calculé par rapport à la moyenne des cours de
l'action durant par exemple le mois précédent.
L'intérêt de ce genre de bons est à rechercher du
côté de la société. Placés pour l'essentiel chez
les actionnaires d'origine ou dans des mains sûres, ils
permettraient, en cas de tentative d'OPA, une
augmentation de capital immédiate qui accroîtrait la
participation d'intérêts fidèles aux dirigeants de la
société.
En revanche, le bon à prix révisable n'offre guère
d'attrait pour l'épargnant moyen. Son cours varie peu
et ne permet donc pas de jouer sur l'effet de levier.
Ses hausses les plus fortes se produisent quand l'action
monte fortement par rapport au dernier prix calculé. Il
est alors de bonne stratégie de vendre ces
titres.
Les bons d'acquisition d'actions
Pour le porteur, ces bons sont identiques aux warrants
ordinaires. La seule différence est que les actions
qu'ils permettent de se procurer au prix
d'exercice fixé existent déjà et sont détenues en
général par une société-mère qui les cédera au
moment où le porteur du bon exercera son droit.
Les bons de souscription d'actions privés
Ces bons de souscription d'actions sont créés
indépendamment de la société par des banques qui les
vendent et s'engagent à les honorer en procurant
à l'échéance les actions auxquelles ils donnent droit
de souscrire. Ces bons souvent dénommés bons d'option
ou " call warrant " se trouvent inscrits à la
cote à la suite de la rubrique des émissions
d'obligations internationales.
Le but est de mettre sur le marché des bons portant sur
des valeurs pour lesquelles il n'existe pas de warrants
émis par la société. Les banques se font fort de
remettre les titres, soit qu'elles les possèdent en
portefeuille, soit qu'elles " se couvrent "
sur le marché des options.
