| Comme expliqué dans l'introduction à l'Analyse Technique, le marché
évolue avec bien plus de secousses que les sociétés qu'il valorise.
Quel est donc ce moteur? Simplement l'effet des vraies et fausses
nouvelles. Celles-ci malmènent les cerveaux des pauvres (façon de
dire) investisseurs et les font réagir dans les deux sens.
L'exemple d'Alcatel, à l'automne 1998 est typique. Son PDG
avait dit "Tout est au poil pour 1998!" puis s'est ravisé à
l'automne: "Euh, en fait, c'est à peu près au poil, on fera du
bon, mais un peu moins que prévu". Immédiatement, ça a été la
sanction, exagérée au possible. Le titre a perdu environ 40% dans la
journée avec des volumes d'échange invraisemblables.
Ce scénario
s'est répété à de maintes reprises au cours de l'année 2000 et en
2001, mais l'affaire Alcatel a révélé un phénomène nouveau puisque
c'était la première fois qu'une société du CAC 40 subissait un tel
camouflet en une journée.
L'entreprise Alcatel n'a pas changé pour autant! C'est toujours la même,
avec sa technologie avancée et son personnel dans ses usines et ses bâtiments.
Sans être au courant de l'émeute en cours, j'en aurais donné la même
valeur que la veille. C'est cela, toute la folie de la bourse. Supposez
que vous ayez eu tout votre capital en actions Alcatel: vous auriez eu
40% de pertes en une journée! Pas moyen de refiler vos actions à bon
prix le lendemain alors que la veille seulement, elles seraient parties
sans problème. Dur, surtout s'il s'agit de votre capital épargné sou
après sou sur un salaire...
Voici donc une clé du marché que j'appelle "l'effet trouille",
tout simplement. Si l'on vous dit: "Vendez tous vos biens, demain
c'est la faillite!" imaginez la tempête dans votre cerveau.
"Si je ne vends pas, je vais tout perdre" va provoquer la ruée
au guichet pour solder à n'importe quel prix. Bonjour la chute, car que
vaut alors ce dont personne ne veut plus?
C'est donc la chute, verticale. Cette peur de tout perdre crée une
spirale de baisse, la vente des uns fait la baisse qui va faire vendre
les autres, etc. Ainsi, la bourse chute très brutalement lors de tous
les cracks boursiers. L'effet trouille est un multiplicateur puissant
d'une dénégation sur un titre. Le fait qu'une foule délaisse un titre
au lieu d'un seul individu, provoque des chutes exagérées.
Continuons l'analyse de ce cycle: A la fin de cette chute, les actions
vont donc se trouver à un prix très bas. Personne n'en voudra,
bizarrement, alors que bien souvent ce cours sera trop bas par rapport
à la valeur réelle des actifs représentés.Il est alors opportun
d'acheter peu à peu lors de cette phase assez stable. Pourquoi? Après
cette phase stable s'amorcera une reprise. Faible au début, elle va
s'affirmer de plus en plus. A ce moment là, vous lirez un peu partout:
achetez "xxx". A la consultation des cours, vous vous direz que c'est
effectivement vrai et vous achèterez. Vous allez profiter de la fin de
la hausse et aurez alors en portefeuille des actions gagnantes. Mais
tout a une fin et l'action va culminer puis amorcer une baisse.
Vous vous direz que c'est une pause parce que les articles de presse
sont encore élogieux et puis vous avez encore envie de gagner. C'est la
conséquence de l'effet cupidité qui va vous faire perdre ce que
vous aviez gagné. L'effet trouille qui prendra peu à peu place ensuite
va alors vous faire vendre à cause du faux "C'est bon, je n'ai
rien perdu!". Pas de problème, les vieux renards vous regardent et
profiteront de toutes ces vagues. Sans compter les commissions encaissées
par celui, réjoui, qui assiste à vos gigotements.
Voilà donc les deux mamelles de la bourse: trouille et cupidité. Que
l'investisseur qui n'en a jamais été victime lève le doigt! Ces deux
sentiments font admirablement danser les cours d'entreprises bien moins
fiévreuses dans la réalité.
Suite du cours de psychologie: L'art de manier le
marché ou l'aventure de ceux dont le rôle est de gérer les fortunes
du monde.
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