Nous ne sommes pas capables de rembourser. Alors inflation ou annulation des dettes ?
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Nous ne sommes pas capables de rembourser. Alors inflation ou annulation des dettes ?

Je ne cesse de m'émerveiller. Tous les augures proclament que la crise est sur nous. Que tout va mal. Le FMI a péniblement calculé que le PIB français n'augmenterait que 0,1% cette année et de 0,3% l'année prochaine. Heureusement qu'il y a les ordinateurs. Vous imaginez la difficulté d'un calcul à plus de 0,1% ?

Les calculatrices du gouvernement français sont visiblement meilleures, puisqu'il en est à 0,3% et à 0,8% l'année prochaine. Il est vrai que le gouvernement français a des électeurs, le Fonds Monétaire, pas.

Le chômage en France sera entre 10% et 11% en 2013. L'inflation va décroitre. Bravo ! Cela veut dire que ça sera encore plus dur.

Tout cela est vrai, tout cela est mécanique.

On dépense moins. Emprunter devient difficile sinon impossible. Il faut vivre sur ses ressources propres. Faire des économies, cesser d'investir, cesser de dépenser. Du coup, les usines ferment, les heures supplémentaires disparaissent. Les incitations fiscales se font rares.

Trois doctrines ou méthodes s'affrontent. L'austérité, l'inflation, l'annulation de la dette. L'histoire enseigne très clairement quelles sont les conséquences de chacune d'entre elles.

L'austérité étouffe, l'économie et les gens. On espère que ce faisant ils pourront rembourser leurs dettes et rebondir.

L'inflation diminue la valeur de l'argent, provoque une augmentation des prix, les traites sont plus faciles à payer, mais c'est la cavalerie.

L'annulation de la dette fait des victimes, les prêteurs. Oui ! Sans être cynique, l'histoire enseigne qu'ils devraient avoir l'habitude. Dans la Bible déjà, on prescrit une annulation des dettes tous les cinquante ans. Les rois du deuxième et du premier millénaire avant Jésus Christ, proclament que ce n'est pas la peine de forcer les habitants à payer une dette qui ne serait payée. Que ce n'est pas la peine de les affamer. Qu'il vaut mieux annuler, afin que la vie reprenne son cours, que les cultures et le commerce s'épanouissent, que les impôts soient payés et que de nouveaux emprunts soient possibles. Et ils ont fait ça pendant des milliers d'années. Les rois et les empereurs n'ont pas fait autre chose.

La nouvelle autorité Européenne, le Mécanisme de Stabilité Européen, va mettre 500 milliards d'euros à la disposition des pays membres et des banques. Cet argent est le bienvenu mais est vraisemblablement insuffisant. De toute façon, les dettes vont augmenter. L'inflation va nous guetter. Le remboursement sera toujours aussi difficile. Les protestations de la foule, de plus en plus véhémentes.

Le choix devra être fait dans la douleur entre inflation et annulation de la dette.

Nous ne sommes pas capables de rembourser. Nous, veut dire les Etats Unis, la Grèce, la France, etc.

 

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A propos de l'auteur et du blog

Président de la Fondation Finance Michel Gabrysiak a participé à la consolidation des marchés financiers européens. Il a assisté à la naissance de la "face obscure " de la finance -par opposition avec les banques et les assurances régulées. Il a vu naître la crise financière.

Journaliste, présentateur et producteur de télévision il a, entre autres, été à l'origine d'un jeu du budget familial en France et a présenté, sur CNBC un "talk show" hebdomadaire avec les dirigeants financiers, économiques et politiques du monde entier.

Ce blog s'interroge sur les bénéfices du capitalisme démocratique. Sont ils destinés à tous, a sortir les pauvres de leur précarité, a élever le niveau de vie des classes moyennes ou sont ils réservés à une petite minorité d'oligarques et d'opérateurs financiers?

Vos opinions et propositions sont les bienvenues.

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