Abivax traverse une phase décisive de son histoire boursière avec l'avancement de l'obéfazimod, son principal candidat médicament destiné au traitement de la rectocolite hémorragique. Après une envolée spectaculaire du titre en 2025, portée par les espoirs suscités par ce traitement innovant, l'année 2026 rappelle toutefois que le parcours d'une biotech reste étroitement lié aux résultats cliniques et aux décisions des autorités de santé.
Le groupe a récemment dévoilé les résultats de ses essais de phase 3 dans la rectocolite hémorragique. Ces données ont confirmé une efficacité jugée robuste sur plusieurs critères cliniques, avec des bénéfices observés sur le contrôle de la maladie et le maintien de la réponse thérapeutique. Abivax souligne également la simplicité d'administration de l'obéfazimod, un traitement oral pris une fois par jour, un atout susceptible de favoriser son adoption en cas d'autorisation de mise sur le marché.
Toutefois, la publication a également fait apparaître plusieurs cas de cancers observés chez des patients traités à la dose la plus élevée. Même si les investigateurs ont estimé que ces événements n'étaient pas liés au médicament, cette information a provoqué une réaction brutale des investisseurs. L'action a perdu jusqu'à près de la moitié de sa valeur en séance avant de rebondir partiellement dans les jours suivants, certains analystes jugeant la sanction excessive au regard des données disponibles.
Au-delà de cet épisode, Abivax conserve plusieurs éléments favorables. La société prévoit toujours de déposer une demande d'autorisation aux États-Unis d'ici la fin de l'année et dispose d'une visibilité financière annoncée jusqu'à fin 2027. En parallèle, l'obéfazimod poursuit son développement dans la maladie de Crohn, ouvrant la voie à un potentiel marché supplémentaire si les futurs essais se révèlent concluants.
Longtemps le titre a évolué avec volatilité autour d'un pivot à 100 euros par action, mais avec sur le fond une absence de velléité haussière. Les événements récents sont venus rappeler aux investisseurs que le secteur biotech n'était pas comme les autres et qu'il fallait toujours garder un peu de marge sur la valorisation pour tenir compte de ces possibilités de surprises. Alors que la société se paie encore sur la base de plus de 7 milliards d'euros de capitalisation nous jugeons cela très élevé dans le contexte actuel. On restera à l'écart et le rebond récent donne l'occasion de sortir à bon prix autour des 90 euros.
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