Air France-KLM continue de remplir ses avions, mais peine davantage à transformer cette dynamique commerciale en profits. Au deuxième trimestre, le transporteur a réalisé un chiffre d’affaires de 9,28 milliards d’euros, en progression de 9,9%, légèrement supérieur aux attentes du consensus. Le trafic reste bien orienté, avec 28,3 millions de passagers transportés (+3,9%), tandis que la demande demeure particulièrement robuste sur les classes premium, notamment vers l’Asie et l’Amérique du Nord.
La lecture devient moins favorable au niveau des marges. Le résultat opérationnel ajusté recule de 251 millions d’euros, à 484 millions, malgré une performance nettement supérieure aux 327 millions attendus par les analystes. En cause principalement, l’envolée de la facture pétrolière liée aux tensions géopolitiques : le groupe chiffre à 804 millions d’euros l’impact de la hausse du carburant par rapport à l’an dernier. Un choc dont environ 85% a néanmoins pu être absorbé grâce à l’amélioration des recettes, signe d’un réel pouvoir tarifaire.
Le bénéfice net tombe parallèlement à 190 millions d’euros, contre 649 millions un an auparavant. Surtout, Air France-KLM devient plus prudent pour la suite. La croissance des capacités attendue en 2026 est désormais ramenée à 2%-3%, contre 2%-4% auparavant.
Pour l’action, le tableau apparaît donc partagé. La vigueur de la demande et la résistance des recettes constituent deux soutiens importants, mais la sensibilité persistante aux cours du pétrole et la révision des capacités limitent la visibilité sur l’amélioration des marges. Après des résultats opérationnels meilleurs qu’attendu, le principal catalyseur réside désormais dans une détente durable du carburant, qui offrirait un puissant levier sur la rentabilité.
D'un point de vue technique le titre est sorti à la baisse de son couloir haussier, remettant totalement en cause la tendance de reprise qui avait eu lieu au printemps. Depuis, la baisse s'est réinstallée sur l'action et cette dernière revient en direction du support principal des 10,80 euros qu'elle pourrait tester prochainement. L'action reste spéculative compte tenu du contexte international et de la sensibilité du secteur au prix du pétrole. A court terme, et tant que la visibilité sera aussi brouillée, nous restons à l'écart.
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