Après un début d’année spectaculaire en Bourse, avec un envol de plus de 50 % en quelques semaines, Eramet est brutalement retombé dans la tourmente. La dynamique haussière a été stoppée net par une crise de gouvernance, marquée par l’éviction de son directeur général, puis par l’annonce d’un vaste plan de renforcement du bilan incluant une augmentation de capital de 500 millions d’euros, soit près de 30 % de sa capitalisation avant la chute du titre. L’action a immédiatement décroché, accentuant sa baisse depuis le 1er janvier.
Le groupe minier fait face à une situation financière tendue. Son free cash-flow reste fortement négatif, à -723 millions d’euros en 2025 après -669 millions en 2024, pénalisé par la baisse des prix des matières premières et des effets de change défavorables. Le levier ajusté a atteint 5,5 en fin d’exercice, contre 1,8 un an plus tôt. L’augmentation de capital, si elle est pleinement souscrite, permettrait de ramener ce ratio autour de 2,5 à horizon 2026, au prix toutefois d’une dilution significative.
Le plan dévoilé repose sur trois piliers : renforcement des fonds propres, revue stratégique d’actifs avec possibles cessions en 2026, et amélioration de la performance opérationnelle via le programme ReSolution, qui vise 130 à 170 millions d’euros d’Ebitda additionnel à terme. Les investissements seront réduits de 30 % à 40 %, tandis que le dividende est suspendu pour deux ans.
En parallèle, l’incendie sur le site sénégalais de Grande Côte, entraînant l’arrêt prolongé de la production de sables minéralisés, ainsi que la baisse des quotas de nickel en Indonésie, ajoutent de l’incertitude. Si l’État français devrait soutenir l’opération au nom des enjeux stratégiques liés aux métaux critiques, la volatilité du titre pourrait demeurer élevée tant que la trajectoire financière et la gouvernance ne seront pas stabilisées.
Techniquement la nervosité est à son comble et le titre est venu chercher le support des 45,5 euros qui a parfaitement joué son rôle. Un rebond technique dans des volumes denses a été initié aussitôt à son contact mais pour autant on ne peut pas encore parler d'inversion de tendance. La volatilité est importante et la situation financière nous conduit à réduire notre objectif de cours. Nous estimons que nous retrouverons le support technique principal des 45,5 euros dans les prochaines semaines, Il sera alors temps de refaire un point.
Principaux défis d'Eramet:
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Restaurer durablement la génération de cash
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Réussir l’augmentation de capital sans décote excessive
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Stabiliser la gouvernance et rassurer les investisseurs
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Gérer les risques politiques et réglementaires au Gabon et en Indonésie
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Relancer la production après les incidents industriels
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