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Scandale à Wall Street

Par Sacha Pouget, le 29/06/2011

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Depuis le mois de Mai, différents scandales ont éclaboussé des sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis. La tenue des comptes s'est révélée fantaisiste pour certaines d’entre elles. On a depuis assisté à une chute de la valeur des actions de dizaines de sociétés. De nombreuses sociétés issues de l'empire du Milieu attirent désormais la suspicion. Ces difficultés sont-elles passagères ? S'agit-il d'une opportunité pour investir dans les sociétés qui ont dévissé ?

L’hécatombe des sociétés chinoises

Bloomberg a rapporté que 10 milliards de $ seraient partis en fumée à New York en raison de la chute de 40% en moyenne du cours des entreprises chinoises cotées à Wall Street. En six mois, plus de 25 sociétés qui y sont cotées ont été soupçonnées de pratiques illégales. Sur les 12 derniers mois, 21 entreprises ont vu leur cotation interrompue, tandis que 5 étaient exclues du marché. On a pu constater que de grands fonds d'investissement ont été touchés, comme Carlyle, Fidelity ou encore Renaissance. En cause : les cabinets d’audit, certains raiders et les directeurs de sociétés cotées mal intentionnés.

La perte de confiance est au cœur de cette affaire

On se rappelle de l'affaire Enron ou bien de la société de technologie indienne Satyam. Des sociétés qui ont connu une faillite retentissante parce qu'elles avaient maquillé leurs comptes (alors même que les auditeurs n'avaient rien remarqué). Ce qu'il se passe en ce moment aux Etats-Unis est du même acabit. Sauf que des centaines de sociétés pourraient être concernées. Mais ce qu'il se passe en ce moment pour les sociétés chinoises cotées à Wall Street ressemble à une fraude organisée à grande échelle.

Pour l'heure, la chute des valeurs chinoises à Wall Street a entraîné une perte de valorisation de 10 Milliards de $ pour les investisseurs, mais on ne connaît pas encore les véritables répercussions. D'autant qu'on touche un pilier essentiel dans la Finance : la confiance. Or, on sait que les effets dévastateurs d'une perte de confiance mettent souvent du temps à retrouver son niveau initial.

Quelques sociétés chinoises cotées à Wall Street mises en cause dans ces affaires :



Un contexte propice à taper sur la Chine

L'insolente ascension de la Chine a de quoi agacer. Devenu premier exportateur mondial en 2010, bénéficiant du plus grand marché domestique de la planète et disposant de réserves pléthoriques de dette européenne et américaine : ce début de siècle est marqué par la présence des chinois sur tous les terrains (aussi bien diplomatiques, qu'économiques). Dans ce contexte, il peut être opportun de vouloir freiner cette expansion grandissante et qui isole de plus en plus les pays dits développés.

Or, il faut savoir que la Chine est la principale victime du protectionnisme commerciale. En 2010, elle a fait face à "64 différends commerciaux, représentant une valeur de 7 milliards de $ (source : FrenchChina.org).

Pas plus tard que le 10 mai, Chen Deming (ministre chinois du commerce) critiquait les restrictions imposées par les Etats-Unis frappant "2000 produits interdits d’exportation en Chine" et s’insurgeait contre "l’exclusion de la Chine de la liste des 164 pays bénéficiant d’un régime particulier d’importation de produits sensibles venant des Etats-Unis, baptisé Strategic Trade Authorization" (source : Question Chine).

Les pays qui agitent le drapeau de la restriction se réfèrent à l’article 16 du protocole d’accession de la Chine à l’OMC et qui leur permet de prendre des mesures restrictives, si la hausse importante des importations chinoises risque de causer « une désorganisation du marché pour les producteurs nationaux de produits similaires ou directement concurrents ». On imagine bien que ça ne plaît pas du tout à la Chine. D'autant que les pressions de l'OMC sont présentes pour demander à la Chine de se conformer à diverses règlementations et autres bonnes pratiques commerciales. Il suffit d'ailleurs de lire les injonctions de l'OMC à ce sujet, qui lui demande notamment "de rendre ses politiques et pratiques commerciales et d'investissement encore plus transparentes, de poursuivre ses efforts actuels de réexamen, de révision et de réforme de sa législation commerciale").


Sacha Pouget
www.sachapouget.com

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