Après avoir culminé à 18,80 euros à la mi-mai, l’action Orange a perdu près de 29 % jusqu’à son creux de 13,43 euros touché début octobre. Elle a ainsi effacé l’essentiel de l’envolée du début d’année, alors que l’activité de l’opérateur n’a rarement paru aussi solide.
Les comptes semestriels publiés fin juillet affichaient une croissance record, avec un chiffre d’affaires en hausse de 3,5 % à 20,9 milliards d’euros. L’EBITDAaL a progressé de 5 % à 6,1 milliards et le cash-flow organique a gagné près de 500 millions pour atteindre 2,2 milliards, de quoi relever l’objectif annuel de croissance de l’EBITDAaL au-delà de 4 %.
Le décrochage est venu en septembre, quand Morgan Stanley a dégradé le titre. La banque anticipe un net ralentissement de la rentabilité en France d’ici 2027. Le marché s’inquiète aussi d’un endettement net de 35,7 milliards d’euros, soit 2,4 fois l’EBITDAaL, avant même le financement de la part de 27 % d’Orange dans le rachat de SFR. Enfin, avec une OAT à dix ans proche de 4,5 % et une impasse budgétaire qui pèse sur les actifs français, les obligations font désormais concurrence aux valeurs de rendement.
Depuis mai, le titre évolue dans un canal baissier régulier dont la borne haute passe aujourd’hui vers 15 euros. Le rebond amorcé sur le support des 13,50 euros l’a ramené au-dessus d’une moyenne mobile à 20 jours encore orientée à la baisse, mais il bute sur la résistance des 14,58 euros. Le RSI est remonté en zone neutre après un passage en survente, et les volumes ne montrent aucun signe d’accumulation.
L’action se paie à peine plus de 9 fois les bénéfices attendus cette année, contre près de 13 fois pour Deutsche Telekom, et offre un rendement de 5,5 %. Une sortie du canal au-dessus de 15 euros reste toutefois nécessaire pour valider un retournement. Mieux vaut donc attendre la publication du troisième trimestre, le 27 octobre même si la valorisation actuelle est tentante !
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