Leroy Merlin creuse l'écart avec ses concurrents du bricolage en 2025
Le numéro un européen du bricolage a, encore cette année, fait mieux que le marché en France. Il affiche une croissance de 12,7 %, à près de 9 milliards d'euros. L'enseigne du groupe Adeo, filiale de l'Association familiale Mulliez, a su bâtir un éco système interconnectant les magasins physiques, le site marchand et des plateformes de mises en relation.
C'est un fait, la crise sanitaire et ses confinements successifs ont incité les Français à soigner leur intérieur. Et le marché du bricolage en a bénéficié. Il a encore connu une année exceptionnelle en 2021, affichant une progression globale de 11,6 % sur un an. Leroy Merlin, le numéro un de la distribution dans ce secteur, en a profité pour conforté sa position dans l'Hexagone avec une croissance de 12,7 % de son chiffre d'affaires, qui a tutoyé les 9 milliards, à 8,975 milliards d'euros, indique aux « Echos » le directeur général de Leroy Merlin France, Thomas Bouret.
« Cette croissance vient, d'une part, des magasins dont l'activité a progressé de 7,4 % à périmètre pratiquement comparable et, d'autre part, des ventes en ligne qui ont bondi de 55 % pour atteindre le milliard d'euros », précise le dirigeant. Le distributeur n'a ouvert qu'un seul magasin l'an dernier, à Béziers (sur 7.000 m2). Il en compte désormais 143 dans l'Hexagone. Non content d'être leader en France dans le commerce physique, l'enseigne du groupe Adeo, filiale de l'Association familiale Mulliez, l'est aussi devenu sur la Toile.
Selon la Fevad, la fédération de l'e-commerce, Leroy Merlin est désormais le premier e-commerçant dans son secteur en France, avec 36,6 % de parts de marché, devant les deux « pure players » que sont Amazon à 32 % et ManoMano à 17 %. C'est aussi le troisième site marchand de bricolage au monde en termes de chiffre d'affaires derrière les deux américains Home Depot et Lowe's. « Entre 1,5 et 2 millions de visiteurs uniques fréquentent notre site tous les jours, contre 1 million en 2020 », indique Thomas Bouret.
Des investissements massifs
Les changements de comportement des consommateurs induits par les contraintes sanitaires perdurent. Quand, en 2020, le drive a sauvé 15 % du chiffre d'affaires des magasins fermés durant le premier confinement, en 2021 pour la trentaine de ceux de plus de 20.000 m2 obligés de fermer quelques semaines il a permis d'en récupérer 70 %. Les Français se sont habitués à la formule « commandez sur Internet, venez chercher au point de retrait. »
La place de marché, lancée en mai 2020, a apporté 75 millions d'euros de volume d'affaires additionnels avec près de 640 marchands proposant sur cette « market place » quelque 700.000 références, contre un maximum de 60.000 en magasins.
Pour le patron de l'enseigne, ces bonnes performances sur le Web sont à mettre sur le compte des investissements de plusieurs millions d'euros - sans plus de précisions - réalisés entre 2017 et 2019. A la fois sur les infrastructures informatiques et numériques, mais aussi sur le réseau logistique. Celui-ci est passé de 3 à 17 entrepôts, dont trois (deux étant automatisés) pour les commandes passées sur Internet. Sans pour autant négliger la rénovation des magasins.
Un écosystème vertueux
Le projet Vision 2025, écrit en 2017 avec les salariés, est basé sur un écosystème s'articulant autour de trois modèles d'affaires, souligne le directeur général de Leroy Merlin France : le commerce physique, avec 143 magasins tous équipés de drive et proposant la livraison à domicile ou en points relais ; le numérique, qui allie site marchand et réseaux sociaux, ces derniers apportant aux clients inspiration et conseils, via les comptes Instagram et Pinterest, avant de commander sur leroymerlin.fr ; et enfin, la plateforme de mise en relation qui agrège tout un tas de partenaires, depuis le réseau des 350 magasins Weldom, jusqu'à la market place, en passant par des solutions de livraison avec les start-up Colisweb ou Woop pour le dernier kilomètre, ou encore les 6.000 artisans que Leroy Merlin propose à ses clients.
Sans oublier « Parlons Maison », un concept déployé dans une trentaine de magasins. Il réunit différents prestataires - architectes, décorateurs, pépiniéristes, courtiers en assurance et autres banquiers - couvrant tous les besoins autour de la maison, au-delà de son aménagement, avec possibilité de rendez-vous dans le point de vente.
« Ces trois composantes de notre écosystème sont interconnectées se nourrissant les uns les autres ce qui fait de notre entreprise un modèle unique en France », affirme Thomas Bouret. Et un bon vecteur de créations d'emplois, puisque Leroy Merlin a vu passer son effectif total de 25.000 à 28.000 salariés en deux ans dans l'Hexagone.
L'enseigne teste des showrooms
Leroy Merlin France a fait le choix en 2017 de ne plus faire de l'ouverture de nouveaux magasins le fer de lance de son développement, « même s'il reste des places à prendre », reconnaît son directeur général, Thomas Bouret. Il n'y a en a pas eu 2020, une seule en 2021 et aucune n'est prévue cette année. L'enseigne ne croit pas aux petits formats généralistes de centre-ville comme vient de lancer son concurrent Castorama. En revanche, elle teste des petites surfaces spécialisées, tels Leroy Merlin Cuisine (60 m2) et Leroy Merlin Salle de bains (160 m2), sortes de showroom ouverts à Nice ces deux dernières années. Elle a lancé le format Cuisine à Paris près de Beaubourg il y a deux mois. Et poursuit le test dans la capitale avec deux autres showrooms (cuisine et salle de bains) prochainement dans le 15e arrondissement. « Cela peut capter une nouvelle clientèle qui ne fréquente pas nos magasins habituellement », commente Thomas Bouret.
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