Ça se confirme…
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La famille Duval jette l'éponge chez Eramet, qui cherche son chevalier blanc
Désastres en série chez le groupe minier français, pris depuis quelques trimestres dans un tourbillon de mauvaises nouvelles.
Publié le 08/04/2026
Aux prises avec un cours du nickel déprimé depuis que les ventes de véhicules électriques ralentissent, pris en otage tant par la mainmise des raffineurs chinois en Indonésie que par la dégradation des conditions d'exploitation en Nouvelle-Calédonie, et surpris par le soudain ban des exportations de manganèse du Gabon, Eramet affronte aussi une crise de gouvernance révélée par le limogeage en février dernier de son directeur général et de son directeur financier.
Officiellement, le style de management des intéressés n'était pas assez transparent ni collégial. Officieusement, circule la rumeur que les intéressés auraient tiré une ligne de crédit bancaire sans l'aval du conseil d'administration. Informellement, Les Échos, recueillis par notre équipe, parlent d'un conflit ouvert entre les intéressés et la famille Duval, les premiers exigeant des cessions d'actifs pour renflouer les caisses, les seconds s'opposant à cette mesure.
On apprenait ce matin que la famille Duval, premier actionnaire du groupe et pilier de son capital aux côtés de l'État français - décidément rarement dans les bons coups -, souhaite jeter l'éponge et se retirer. La famille tente ainsi de limiter la casse à la veille d'un refinancement nécessaire, en envoyant le signal qu'elle cherche un repreneur stratégique plutôt que de laisser une augmentation de capital à laquelle elle ne compte pas participer la ruiner.
Sans restructuration profonde en amont, le sauvetage d'Eramet était mission impossible depuis le départ. Sur les dix dernières années, le groupe a connu six exercices de cash flows négatifs, dont quatre très profondément dans le rouge. Ses distributions de dividendes furent donc sporadiques et inégales, tandis que la dette nette augmentait et que la charge d'intérêt quadruplait sur la période.
La direction d'Eramet a un temps - et à raison - blâmé l'Union européenne pour son manque d'accompagnement au secteur minier du vieux continent. Si l'expérience des dernières décennies a rappelé quelque chose - car il ne s'agit pas d'une nouveauté - c'est que les groupes miniers ne peuvent guère prospérer sans une politique active de soutien de leurs gouvernements.
Ce paradigme a été illustré et même magnifié par la Chine, devenue un leader mondial dans la production de batteries et le raffinage de terres rares à l'impulsion directe de Pékin. L'empire du Milieu s'est ainsi forgé un levier stratégique et industriel unique et non réplicable, qu'avec un sérieux retard à l'allumage les États-Unis tentent désormais d'émuler. En revanche, silence radio et attentisme toujours de mise du côté européen.
Chez Eramet, à part un repreneur chinois justement, on voit mal qui pourrait faire office de chevalier blanc vu la distribution géographique du portefeuille d'actifs du groupe. Le bon accueil réservé par le marché à l’annonce de volonté de retrait de la famille Duval laisse entendre que des discussions ont déjà atteint un niveau avancé. L'Etat français sera bien sûr à compter parmi les parties prenantes avec leur mot à dire.
Conclusion : la Famille Duval ne veut pas souscrire ou n'a pas les moyens de souscrire à l'augmentation de capital…
Concernant la cession, faudra suivre avec intérêt dans la poche de qui ça tomber car les suce-moelles sont légions…
Ça reste une entreprise stratégique pour la France.
(Agefi-Dow Jones)--La famille Duval, premier actionnaire du groupe minier Eramet, aurait mandaté Lazard afin d'examiner une possible cession de sa participation, affirme mercredi le Financial Times citant plusieurs sources proches du dossier.
Vers 10h45, l'action Eramet progresse de 6,4% à 53,40 euros dans un contexte de net regain d'appétit pour le risque.
La famille Duval aurait mandaté Lazard pour étudier les différentes options concernant sa participation de 37% et pour la conseiller en vue de la prochaine levée de fonds de la société, affirme le quotidien des affaires britanniques. Eramet avait dévoilé en février un projet d'augmentation de capital de 500 millions d'euros pour redresser sa situation financière. Le "principe" de ce projet de renforcement des fonds propres "est convenu avec les actionnaires de référence", avait précisé Eramet dans un communiqué. L'Etat français est le deuxième actionnaire du groupe avec 27% du capital.
Contacté par l'agence Agefi-Dow Jones, Eramet n'a pas encore répondu à nos sollicitations.
Eramet a accumulé les déboires ces derniers mois: baisse des prix des minerais, crise de gouvernance et suspension de son objectif 2026 de production de sables minéralisés à la suite d'un incendie. Le groupe a enregistré un free cash-flow négatif de 723 millions d'euros en 2025 et a terminé l'année en affichant un levier ajusté - endettement net retraité de la trésorerie nette de SLN rapporté à l'Ebitda ajusté - de 5,5. C'est trois fois plus qu'à fin 2024.
Site internet: https://www.ft.com/content/88c126ff-1a9a-4f8a-8585-a1c63860b1ae
Agefi-Dow Jones The financial newswire