Je mise sur une cession à bas prix par Apollo et Teleios, autour de 5 à 6 € par action en cas de repreneur, afin d’éviter une liquidation. Bercy reste attentif… sauf si un prêt garanti par l’État intervient.
Les actionnaires et les banques ont négocié dur pour tenter de trouver un terrain d’entente, dans le cadre de la procédure de conciliation lancée début janvier. Ces discussions visaient « à la fois à apporter de nouvelles liquidités et à restructurer la dette bancaire existante, y compris au moyen de solutions en capital », a précisé la direction avant d’acter début avril le « non-aboutissement » des discussions, pourtant suivies de près par Bercy. Chaque camp se renvoie la balle de cet échec.
« C’est une société cotée sans actionnaire majoritaire, et la structure actionnariale est donc complexe », explique un observateur du secteur. Les deux actionnaires les plus importants, les fonds Majorelle Investments (26 % du capital) dont Apollo est l’un des actionnaires et Teleios (28 %), se sont toujours opposés à injecter de l’argent frais en montant au capital de l’entreprise. Ils veulent que l’entreprise refinance sa dette pour reporter l’échéance des remboursements. Ces conditions sont jugées inacceptables par les sept banques créancières, qui leur auraient demandé de faire plus d’efforts, appelant à leur responsabilité. « Les deux principaux actionnaires ont pratiqué trop longtemps la politique de l’autruche », regrette un acteur de ce dossier sensible.
Les créanciers se disent prêts à continuer d’accompagner l’entreprise avec de nouveaux investisseurs. Un schéma encore très théorique, tant il y a d’inconnues à lever. D’une part, il faut savoir si Apollo et Teleios sont prêts à céder leur participation, et à quelles conditions ; d’autre part, les acquéreurs potentiels exigeront sans doute des garanties des créanciers, de Bercy et de la direction avant d’injecter de l’argent dans l’entreprise. Les prochaines semaines s’annoncent cruciales pour déterminer l’avenir de Maisons du monde, et lui éviter d’avoir à déposer le bilan.
Le blocage entre actionnaires et créanciers chez Maisons du Monde repose sur un désaccord profond :
Les actionnaires refusent d’injecter de nouveaux fonds et veulent surtout repousser la dette.
Les créanciers (banques) demandent un effort financier des actionnaires avant de continuer à soutenir l’entreprise.
Les créanciers sont désormais réticents à refinancer seuls, car l’entreprise est en difficulté (baisse des ventes, forte dette), malgré le fait qu’elle ait été rentable par le passé.
Ce refus est d’autant plus marqué que la stratégie reste ambitieuse (ex : projets d’ouvertures de magasins en 2026), ce qui peut sembler risqué sans assainissement financier préalable.
👉 En résumé : les banques ne veulent plus porter le risque seules, tandis que les actionnaires refusent de remettre de l’argent. Ce désaccord bloque toute solution rapide et met l’entreprise sous pression.
Forum de discussion Maisons du Monde
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