Weldom et Brico Cash en grande forme, Lapeyre à la traîne : qui sont les gagnants et les perdants du marché du bricolage ?
Secoué par l’après-Covid, le marché du bricolage reste au-dessus de son niveau de 2019 mais se recompose en profondeur, entre ciblage du B to B, pression sur les prix, montée en puissance de l’e-commerce et percée de l’IA. Le tout au profit des acteurs les plus solides.
Weldom a su croître rapidement, passant de 353 points de vente à 793 en 2025, avec le Club Partenaires.
Pour la plupart des marchés, les dérèglements liés au Covid appartiennent au passé. Pas dans le bricolage, qui en subit encore les soubresauts. Le secteur est un adepte des temps longs. Une banale ampoule va durer au moins trois ans, quand une cuisine ne se remplace que tous les vingt ans environ… Autant dire que les effets d’un choc aussi brutal que celui du Covid, avec deux années de croissance folle, à + 13 % en 2020, et + 10 % en 2021, se font longtemps ressentir. Mécaniquement, après l’emballement, vient la correction : quatre années de recul, avec, en 2025, une baisse de 3,2 % d’après NielsenIQ.
« Pour autant, si on lisse les performances pour gommer les effets du Covid, on revient à une croissance moyenne de 1 à 2 % par an entre 2019 et aujourd’hui », insiste Yannick Franc, partner chez Talan. « Le marché reste au-dessus de son niveau d’avant-Covid, il faut garder cela en tête », confirme Yves Marin, partner au sein du cabinet Alexander Hughes, qui note cependant que « si les dernières années de recul peuvent être vues comme un rééquilibrage, elles sont aussi l’occasion d’une grande redistribution des cartes entre enseignes. »
Car si la croissance ne disparaît pas (avec un marché à + 10 % environ par rapport à 2019), elle se déplace et, très clairement, il y a des gagnants et des perdants. À ce petit jeu, les enseignes du groupe Adeo s’en tirent très bien avec une nette prime au leader, archidominateur, Leroy Merlin, et ses 2 milliards d’euros de CA supplémentaires engrangés depuis 2010. C’est plus dur, en revanche, pour celles de Kingfisher. Castorama et Brico Dépôt ont abordé le Covid dans une posture délicate et ont d’abord dû chercher à assainir leurs bases.
Quoi qu’il en soit, entre un Weldom qui a plus que doublé son volume d’affaires et un Lapeyre ou un Bricorama qui ont dévissé d’environ 30 %, voire plus, le gouffre est béant. « Weldom a su assumer des partis pris forts et s’y tenir », souligne Yannick Franc, saluant une stratégie lisible et cohérente. En creux, on peut en conclure que ceux qui souffrent n’ont pas su le faire. Ou pas assez.
Séduire les pros
Mais, au-delà de ces bons et mauvais points par rapport au passé, l’intéressant est de voir ce que chacun met en œuvre aujourd’hui. Il y a, premier mouvement de fond, un virage stratégique en direction de la clientèle des professionnels. « Dans un marché mature comme celui du bricolage, il y a deux manières de croître : prendre des parts de marché et se chercher des relais de croissance. La cible du B to B est alors toute trouvée, puisque l’on estime ce marché à hauteur de 100 milliards d’euros environ, dont à peu près 45 milliards pour les entreprises de moins de 9 salariés. C’est quasi le double du marché B to C », insiste Yannick Franc.
Concept dédié, horaires élargis, offres et programmes de fidélité spécifiques, équipes spécialisées : les initiatives se multiplient.
Avec, Kingfisher très bien armé, via son enseigne Screwfix
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