Bilendi : une mutation vers l'intelligence artificielle qui séduit un cabinet d'analystes
Convaincu des perspectives du spécialiste des panels, aujourd'hui en plein virage technologique, le bureau de recherche de Portzamparc est acheteur du titre.
11 juin 2026
Bilendi a démontré la résilience de son modèle en publiant un solide chiffre d'affaires de 20,8 millions d'euros au premier trimestre 2026, en progression de 6,2% à taux de change constants. Cette dynamique s'appuie notamment sur des barrières à l'entrée particulièrement élevées. Constituer et fidéliser des échantillons de plusieurs millions de panélistes exige des investissements massifs, favorisant ainsi l'émergence d'un oligopole mondial, une structure de marché favorable à l'entreprise. Le cabinet Portzamparc a initié en mai le suivi de la valeur à l'achat, en précisant que « les panels de Bilendi constituent un actif difficilement reproductible qui constitue une formidable barrière à l'entrée. » Si l'activité pro forma (en intégrant l'acquisition de Netquest, avec un effet de base exigeant par rapport à l'année précédente lié aux élections en Allemagne) affiche un léger recul de 3,6%, l'international reste globalement bien orienté, avec des performances dynamiques au Royaume-Uni ou encore aux Etats-Unis.
Virage technologique
Afin de relancer sa dynamique de croissance organique, Bilendi opère un changement stratégique majeur pour devenir une plateforme globale augmentée à l'intelligence artificielle. Plutôt que de se limiter à la fourniture de données brutes, l'entreprise se positionne sur la totalité de la chaîne de valeur avec une offre en libre-service. L'intégration de Netquest -leader des technologies et des données pour les études de marché en Espagne et en Amérique latine- début 2025, viendra enrichir cette infrastructure d'ici à 2027. L'automatisation doit lui permettre de cibler une nouvelle clientèle d'entreprises ou d'agences média, tout en améliorant sa rentabilité. Il est visé un chiffre d'affaires compris entre 175 et 200 millions d'euros à l'horizon 2030, assorti d'une marge d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) supérieure à 25% et d'une « forte génération de trésorerie ». Malgré un endettement légèrement dégradé à 2,4 fois l'Ebitda estimé pour la fin 2025 en raison de la dernière acquisition, la valorisation actuelle est jugée extrêmement modeste par Portzamparc, à moins de 5 fois l'Ebitda sur les douze prochains mois, offrant un profil boursier attractif.