(ABC Bourse) - Amoéba amorce un tournant: la greentech industrielle spécialisée dans des solutions microbiologiques naturelles basées sur l’exploitation brevetée d’amibes annonce avoir livré ses premières commandes en biocontrôle au 1er semestre 2026 et fait apparaître son premier chiffre d’affaires lié à ces ventes, à 63 k€.
À l’occasion de la publication de ses résultats provisoires du 1er semestre 2026, le groupe détaille une feuille de route à l’horizon 2030, avec un objectif de chiffre d’affaires compris entre 1 et 2 M€ en 2027, puis “de l’ordre de 40 M€” en 2030, assorti d’un résultat opérationnel courant “supérieur à 10% du chiffre d’affaires”. En parallèle, Amoéba dit avoir engagé des échanges avec “plusieurs acteurs majeurs” pour une monétisation de son actif cosmétique Willa™ à compter de 2027, tout en annonçant “le lancement d’une double levée de fonds”.
Premières ventes AXPERA, montée en puissance industrielle et pertes en hausse au S1 2026
Amoéba indique avoir “finalisé au 1er semestre 2026 son évolution en une société industrielle et commerciale avec la livraison de ses premières commandes dans le biocontrôle”. Les comptes semestriels provisoires intègrent ainsi “le 1er chiffre d’affaires issu de ces livraisons”, qui ressort à 63 k€, contre 0 au S1 2025.
Sur la période, le groupe publie aussi 484 k€ de subventions, contre 329 k€ un an plus tôt. La montée en puissance industrielle pèse fortement sur les charges, avec des frais de déploiement industriel passant de (674 k€) à (3.399 k€). Les frais de recherche et développement atteignent (1.391 k€), après (666 k€) au S1 2025. Les frais généraux et administratifs restent quasi stables à (1.724 k€), contre (1.718 k€). Les dépenses de marketing et ventes s’établissent à (396 k€), après (352 k€).
Le résultat opérationnel courant ressort à (6.364 k€), contre (3.083 k€) au S1 2025. Après (167 k€) d’“autres produits et charges”, le résultat opérationnel s’affiche à (6.531 k€). Le résultat financier est de (864 k€), après (814 k€), et le résultat net plonge à (7.396 k€), contre (3.897 k€) un an plus tôt.
Côté réglementaire, Amoéba souligne qu’après plusieurs années de parcours, “l’ANSES a délivré fin juin à Amoéba l’autorisation de mise sur le marché de son biofongicide AXPERA en France”, une autorisation pérenne qui “permet désormais à d’autres États membres de l’Union européenne de finaliser leurs procédures nationales d’autorisation selon leurs calendriers respectifs”.
Koppert jusqu’en 2031 et accord de distribution exclusive avec Syngenta
Le groupe indique avoir déjà réalisé “plusieurs livraisons à Koppert” dans le cadre du lancement commercial des produits TIAGAN™ (marché de la vigne) et YAZU™ 3 (marché des légumes), “élaborés à partir de la solution d’Amoéba”. Les deux partenaires ont aussi décidé “d’étendre leur accord de distribution d’un an supplémentaire, soit jusqu’en juin 2031”.
Amoéba annonce également “la signature d’un accord majeur avec Syngenta portant sur la distribution exclusive de la solution développée par Amoéba pour le marché des céréales, en ciblant le blé en priorité”. La distribution couvrira “les 27 pays de l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Ukraine et en Suisse”. Le calendrier communiqué prévoit que “les premières homologations commerciales sont attendues au 3ème trimestre 2028” et que “les premières ventes sur les principaux marchés de l’UE sont prévues d’ici fin 2028, pour une utilisation par les agriculteurs au printemps 2029 sur le blé, l’épeautre et le triticale”.
Dans ce contexte, Benoit VILLERS, Président du Conseil d’administration d’Amoéba, déclare : « Amoéba est désormais une société dérisquée sur le plan réglementaire, travaillant sur le long terme avec les plus grands acteurs du biocontrôle et engagée dans un cycle de développement commercial ambitieux.
Dans le même temps, nous avons décidé, en accord entre le Conseil d’administration et la Direction générale, et après avoir engagé des discussions exploratoires avec de grands noms de l’industrie, de valoriser notre plateforme cosmétique unique dans le cadre d’un accord stratégique. Notre objectif est que cette opération, complétée par la levée de fonds annoncée ce jour, apporte à Amoéba des fonds significatifs pour lui permettre de poursuivre sa trajectoire de développement ainsi que des revenus récurrents, afin de contribuer au financement de son développement jusqu’à l’atteinte de l’autonomie financière.
Compte tenu des nombreuses avancées annoncées au cours des derniers mois et de la sécurisation des financements en cours, nous espérons désormais démontrer un meilleur profil boursier. »
Willa™: études, discussions de monétisation en 2027 et objectifs financiers à 2030
Sur l’actif cosmétique Willa™, Amoéba indique avoir démontré, via des études du 1er semestre 2026, “tout le potentiel” de l’ingrédient “dans la réparation et la longévité cutanées”. Deux nouvelles études réalisées par Eurofins BIO-EC sont mises en avant, dont “une analyse transcriptomique menée sur des explants de peau humaine et portant sur environ 23 000 gènes” et “une étude clinique comparative menée à l’été 2026 sur 32 volontaires à la peau fragilisée”.
Dr Sandrine TROUSSIEUX, Directrice scientifique d’Amoéba, déclare : « La complémentarité de ces études est particulièrement importante : nous disposons désormais à la fois d’une compréhension beaucoup plus fine des mécanismes sur lesquels Willa™ agit et d’une confirmation clinique de son intérêt sur une fonction essentielle de la peau. L’ensemble de ces résultats nous permet aujourd’hui de disposer d’un actif beaucoup mieux caractérisé et d’en préciser le positionnement ».
La société précise avoir “décidé d’initier des échanges avec plusieurs acteurs majeurs de la dermocosmétique et de la cosmétique en vue de maximiser la valeur de sa plateforme cosmétique”, avec une monétisation “à compter de 2027”. Les options mentionnées incluent une “cession de la plateforme cosmétique” ou la “mise en place d’une licence exclusive pour Willa™”, avec l’objectif de générer “des ressources financières significatives (paiement initial, accords de co-développement, fourniture de l’ingrédient et royalties sur les ventes futures)”.
Sur ses perspectives, Amoéba vise “un chiffre d’affaires compris entre 1 et 2 M€ en 2027” puis “de l’ordre de 40 M€” en 2030, avec une répartition indiquée de 35 M€ dans les activités agricoles et 5 M€ dans les cosmétiques, “indépendamment du produit de la cession de la plateforme attendue en 2027”. À l’horizon 2030, le groupe cible un “résultat opérationnel courant supérieur à 10% du chiffre d’affaires” et indique qu’au-delà, il a pour ambition “de doubler son chiffre d’affaires dès 2032, soit 80 M€” et “de presque doubler son ratio de résultat opérationnel courant sur chiffre d’affaires”.
Enfin, Amoéba annonce “le lancement d’une double levée de fonds”, présentée comme un moyen de “couvrir ses besoins opérationnels”, avec “l’ambition qu’elle constitue sa dernière opération de financement en capital avant l’atteinte de l’autonomie financière”.
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