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Actualité publiée le 21/08/26 17:55

Aux États-Unis, Cyrille Bessière appelle les entrepreneurs français à « américaniser son exécution »

(ABC Bourse) - Les États-Unis seraient « trop grand[s]. Trop concurrentiel[s]. Trop cher[s]. Trop complexe[s]. Trop différent[s] » au point de devenir un marché à éviter pour les entreprises françaises. Cyrille Bessière défend l’inverse et affirme que, malgré « les incertitudes économiques, les tensions commerciales et un environnement international mouvant », le pays reste « le plus formidable terrain de jeu pour les entrepreneurs français ».

Dans sa tribune « Les États-Unis restent le plus formidable terrain de jeu pour les entrepreneurs français », Cyrille Bessière, CEO de Kids Empire et entrepreneur-investisseur basé à New York, explique pourquoi les entreprises françaises peuvent encore y « véritablement changer de dimension ». Son message se résume en une phrase : « Il ne faut pas américaniser son identité. Il faut américaniser son exécution. »

Une culture qui « autorise à penser grand » et accélère vite

Après « plus de quinze années » passées à développer des entreprises sur le marché américain, Cyrille Bessière souligne une différence culturelle centrale : « Aux États-Unis, l’ambition n’est pas un défaut ». Là où « dire que l’on veut devenir numéro un peut sembler prétentieux » en France, il décrit un environnement où « l’ambition est beaucoup plus naturellement considérée comme un moteur ».

Selon lui, cette mentalité change la trajectoire des projets : « Le marché américain ne vous garantit évidemment rien. Mais il vous autorise à penser grand. » Il insiste aussi sur le rythme : « Le marché américain sanctionne vite. Mais il récompense vite aussi. » Une offre « mal positionnée » ou une « expérience client insuffisante » peut être « sanctionnée extrêmement rapidement », tandis que « l’accélération peut être spectaculaire » lorsque « le positionnement est clair et que l’exécution suit ».

Cyrille Bessière rappelle enfin l’ampleur du terrain : « Dans un pays de plus de 340 millions d’habitants, doté d’un marché intérieur immense, d’un écosystème financier puissant et d’une culture profondément entrepreneuriale, une entreprise qui trouve la bonne formule dispose d’un potentiel de développement considérable. »

L’avantage de l’« identité » française dans un marché saturé

L’entrepreneur met en avant ce qu’il présente comme un paradoxe : des entreprises françaises chercheraient parfois à « gommer leur identité pour séduire le marché américain », alors que « c’est précisément leur singularité française qui peut constituer l’un de leurs meilleurs avantages concurrentiels ». Il cite « la beauté, la mode, la gastronomie, le luxe, le design, le savoir-faire, l’art de vivre, mais aussi la technologie et l’innovation » comme domaines où « la France possède une image extraordinairement forte ».

Dans un « marché saturé de produits », il estime que « l’origine, l’histoire et l’identité peuvent devenir de véritables avantages concurrentiels ». Et il précise : « Les consommateurs américains ne cherchent pas nécessairement une marque française qui ressemble à une marque américaine. Ils peuvent au contraire être séduits par ce qui la rend profondément française. »

Sa ligne directrice : « Conserver son ADN tout en adaptant radicalement son exécution. » Il détaille ce que cela recouvre : « la manière de vendre, de communiquer, de recruter, de négocier, de distribuer et de servir le client doit être pensée pour les États-Unis », en rappelant qu’« on ne conquiert pas New York, Miami, Los Angeles, Dallas ou Chicago avec les mêmes réflexes qu’à Paris » et que « les États-Unis ne constituent pas un seul marché homogène ».

« Le plus grand risque » : l’immobilisme face aux incertitudes

Cyrille Bessière avertit que « le contexte actuel pourrait inciter les entreprises françaises à la prudence », tout en posant une limite : « prudence ne doit pas devenir synonyme d’immobilisme ». Il décrit un environnement où « pendant que certaines entreprises hésitent, d’autres avancent », construisent leurs réseaux, testent leurs offres, rencontrent des partenaires et « commencent à prendre des positions ».

Il affirme qu’« il n’existera probablement jamais de moment parfaitement rassurant pour entrer sur le marché américain » : « Il y aura toujours une élection, une crise, une réglementation, une tension commerciale, une rupture technologique ou une incertitude économique. » Et il conclut sur ce qu’il voit comme une constante du pays : « l’Amérique n’est pas devenue facile. Elle n’a jamais eu vocation à l’être. »

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