(ABC Bourse) - Chahutée dès ses premiers échanges sur Euronext Growth, Ieva Group démarre difficilement son parcours boursier. L'action chute de prés de 20% ce mardi 31 mars pour son première journée de cotation. Le message est net : le marché n’a pas accueilli le dossier avec enthousiasme.

Jean Michel Karam, fondateur Ieva Group
Ieva Group n’a pas eu droit au traditionnel baptême du feu en douceur. Pour sa toute première cotation sur Euronext Growth, ce mardi 31 mars 2026, le groupe a vu son action décrocher de 19,58 % dès l’ouverture, un démarrage brutal qui contraste avec les ambitions affichées avant son arrivée en Bourse.
Fondé par Jean Michel Karam, Ieva Group évolue dans la beauty tech, un secteur qui combine technologies, données et cosmétique pour proposer des solutions sur mesure. Le groupe développe des outils de diagnostic de la peau et des cheveux, exploite des marques et des services d’abonnement personnalisés, et s’appuie sur des plateformes digitales pour créer des parcours beauté individualisés, avec une approche fondée sur la donnée et l’intelligence artificielle.
Fixé à 12,79 euros lors de l’introduction, le titre a ouvert à 10,28 euros. Ce trou d’air boursier intervient quelques jours après une levée de fonds d’environ 7,3 millions d’euros, déjà marquée par une souscription incomplète à 91,36 %, dans un marché où les investisseurs restent très sélectifs.
Ieva Group en Bourse, une première séance qui vire au décrochage
Le scénario s’est joué très vite. Introduite au prix de 12,79 euros, l’action Ieva Group a chuté de 20 % dès l’ouverture pour s’établir à 10,28 euros. Pour une société qui faisait ses premiers pas en Bourse ce 31 mars 2026.
Cette baisse prolonge en réalité une introduction déjà compliquée. L’opération n’a été souscrite qu’à hauteur de 91,36 %, alors même qu’elle a attiré plus de 2.500 investisseurs particuliers et une dizaine d’institutionnels, parmi lesquels Bpifrance Investissement avec un engagement important.
Dans ces conditions, la première cotation apparaît comme un prolongement logique de l’IPO. Le repli du titre ressemble à un ajustement immédiat entre le prix fixé avant l’entrée en Bourse et le niveau de demande réellement prêt à soutenir la valeur sur le marché.
Le timing n’aide pas. Entre les tensions persistantes liées aux conflits au Moyen-Orient et des marchés financiers devenus particulièrement nerveux, les investisseurs avancent avec une prudence accrue. Dans cet environnement instable, les petites capitalisations et les introductions en Bourse se retrouvent en première ligne, chaque dossier étant examiné avec une exigence renforcée.
Des ambitions intactes malgré une entrée ratée sur Euronext Growth
Ce début difficile ne change pas, pour l’instant, la feuille de route affichée par Ieva Group. La société maintient son objectif de doubler son chiffre d’affaires d’ici 2028 et vise toujours un EBITDA positif dès 2026.
Les fonds levés doivent servir à financer des acquisitions ciblées et à renforcer sa plateforme technologique, avec en ligne de mire une accélération de son développement, notamment à l’international.
Toute la question est désormais là : après une première séance très mal engagée, Ieva Group va devoir convaincre que son histoire boursière ne se résume pas à cette ouverture en chute libre.
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