(ABC Bourse) - Orange démarre la seconde moitié de 2026 avec des ambitions revues à la hausse. La croissance de ses revenus, le rachat de MasOrange et son projet autour de SFR changent sensiblement les perspectives financières du groupe.

Orange appuie sur l’accélérateur. Après six premiers mois marqués par une hausse de son chiffre d’affaires et de sa rentabilité, l’opérateur français a relevé, mardi 28 juillet 2026, ses principaux objectifs financiers pour l’ensemble de l’année. Une révision liée aux résultats semestriels, mais aussi à l’intégration de MasOrange en Espagne.
Le groupe vise désormais une croissance comparable de son EBITDAaL supérieure à 4 % par rapport à 2025, contre plus de 3 % jusque-là. Orange attend aussi un flux de trésorerie organique des activités télécoms proche de 4,3 milliards d’euros, alors que sa précédente prévision se situait autour de 4 milliards d’euros.
Orange dépasse les attentes au premier semestre 2026
Le chiffre d’affaires d’Orange a atteint 20,95 milliards d’euros au premier semestre, soit une progression de 5,5 % en données publiées et de 3,5 % à base comparable. Les analystes interrogés dans le cadre du consensus fourni par le groupe tablaient sur 20,76 milliards d’euros.
Son EBITDAaL, l’indicateur utilisé par Orange pour mesurer sa rentabilité opérationnelle, s’est élevé à 6,13 milliards d’euros. Il progresse de 8 % en données publiées et de 5 % sur une base comparable. Le consensus attendait 6,11 milliards d’euros.
Cette croissance repose en grande partie sur l’Afrique et le Moyen-Orient, où le chiffre d’affaires augmente de 13,9 % et l’EBITDAaL de 16,1 %. Les activités européennes progressent elles aussi, tandis que la France enregistre une hausse de 1,2 % de ses revenus et de 2,4 % de son EBITDAaL.
Orange Business reste davantage sous pression. Son chiffre d’affaires recule de 3,1 % et son EBITDAaL baisse de 6,4 %. Cette contraction reste toutefois moins prononcée que celle observée lors du semestre précédent.
Le flux de trésorerie organique des activités télécoms a atteint 2,17 milliards d’euros au 30 juin, soit une hausse de 29,8 % en données publiées. Le free cash-flow all-in ressort pour sa part à 1,9 milliard d’euros, en progression de 774 millions d’euros.
Les investissements hors licences ont représenté 3,18 milliards d’euros sur le semestre. Leur montant progresse de 2,7 % à base comparable et correspond à 15,2 % du chiffre d’affaires. Orange maintient sa volonté de faire preuve de "discipline" dans ce domaine et prévoit toujours de consacrer environ 15 % de ses revenus annuels à ses investissements.
MasOrange et le projet SFR redessinent la stratégie d’Orange
Le relèvement des objectifs tient compte de la consolidation de MasOrange pendant sept mois en 2026. Orange a finalisé le 8 juin le rachat des 50 % qu’il ne possédait pas encore auprès de Lorca, pour 4,25 milliards d’euros en numéraire. L’opérateur détient maintenant la totalité du capital de l’entreprise espagnole, valorisée 8,5 milliards d’euros.
Cette acquisition a fortement alourdi la dette financière nette du groupe. Elle atteignait 35,7 milliards d’euros à la fin du semestre, en hausse de 13,2 milliards d’euros. Le ratio entre la dette nette et l’EBITDAaL s’établit à 2,4, Orange conservant l’objectif de revenir autour de 2 à moyen terme.
Le groupe prépare dans le même temps une opération de grande ampleur en France. Orange, Bouygues Telecom et Free ont signé un protocole d’accord avec Altice France en vue de reprendre les principaux actifs de SFR. La transaction repose sur une valeur d’entreprise totale de 20,35 milliards d’euros.
Orange récupérerait environ 27 % des actifs concernés, pour une valeur estimée à 5,6 milliards d’euros. Ce périmètre lui permettrait d’ajouter près de 4 millions de clients mobiles, soit une hausse de 18 % de sa base française, ainsi qu’environ 1 million de clients fixes supplémentaires.
Les actifs destinés à Orange ont généré près de 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 600 millions d’euros d’EBITDAaL en 2025. L’opérateur prévoit plus de 500 millions d’euros d’économies annuelles cinq ans après la réalisation du rapprochement. Les coûts d’intégration sont évalués à environ 1,3 milliard d’euros sur la même période.
La documentation juridique définitive doit être signée au second semestre 2026. La réalisation de l’opération pourrait intervenir au second semestre 2027, sous réserve du feu vert des autorités compétentes. À ce stade, le projet reste donc conditionné aux procédures réglementaires et à la conclusion des accords définitifs.
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