(ABC Bourse) - ROUGIER a plongé dans le rouge en 2025. Le spécialiste du bois africain responsable a publié des résultats annuels marqués par une forte dégradation de ses performances, affectées par des interruptions de production au Gabon et au Congo ainsi que par des contraintes énergétiques. Le chiffre d’affaires recule nettement et le groupe enregistre une perte nette part du Groupe de 8,0 millions d’euros.
L’entreprise, présente en Afrique centrale et positionnée sur la gestion de forêts naturelles certifiées, a vu son activité pénalisée par des facteurs exogènes exceptionnels. Interruptions administratives, pénurie nationale de gasoil et baisse de la demande mondiale ont pesé sur l’exercice, sans remettre en cause, selon la société, ses fondamentaux de long terme.
Chiffre d’affaires et rentabilité en forte baisse
Le chiffre d’affaires consolidé s’établit à 75,0 millions d’euros, en recul de 21,5 % par rapport à 2024. Cette contraction reflète la baisse de la demande mondiale, des niveaux de prix bas et des arrêts d’activité dans plusieurs filiales.
Au Gabon, les ventes chutent de 23,9 %, après un arrêt temporaire de 31 jours ouvrés de production forestière et industrielle dû à des interruptions administratives intervenues dans un cadre réglementaire strict et sans recours. Au Congo, le chiffre d’affaires diminue de 41,1 %, en raison de plusieurs arrêts successifs de production totalisant 81 jours dans un contexte de pénurie nationale de gasoil. Les ventes de négoce de Rougier Afrique International se maintiennent à un niveau jugé correct malgré la contraction de la demande.
L’EBITDA ressort à 1,9 million d’euros, soit 2,6 % du chiffre d’affaires, contre 16,9 millions d’euros et 17,7 % un an plus tôt. La baisse des volumes produits et vendus, dans une structure de coûts largement fixes, ainsi que des surcoûts liés à l’énergie et à la logistique expliquent cette chute.
Après 13,4 millions d’euros d’amortissements et provisions, globalement stables, le résultat opérationnel s’établit à -11,6 millions d’euros, contre un profit de 4,4 millions en 2024. Le coût de l’endettement net reste stable à -0,8 million d’euros. Après une charge d’impôt de -0,5 million d’euros, le résultat net consolidé atteint -12,3 millions d’euros, dont -8,0 millions d’euros part du Groupe.
Structure financière sous pression et priorités stratégiques
Les capitaux propres consolidés s’élèvent à 11,8 millions d’euros au 31 décembre 2025, contre 24,5 millions un an plus tôt. L’endettement financier net atteint 15,4 millions d’euros, en hausse de 2,2 millions d’euros. Il comprend notamment 7,5 millions d’euros de compte courant bloqué de l’associé minoritaire de Rougier Afrique International, 5,9 millions d’euros d’emprunts bancaires, 0,8 million d’autres emprunts et dettes assimilées, 3,8 millions de concours bancaires courants, pour une trésorerie de 2,7 millions d’euros.
Le groupe indique avoir maintenu une discipline stricte sur ses investissements et la gestion de son besoin en fonds de roulement afin de limiter l’impact sur la liquidité.
À court terme, la normalisation progressive des conditions d’exploitation au Congo et au Gabon constitue le principal levier d’amélioration des performances, même si l’environnement économique, administratif et géopolitique demeure incertain, notamment en matière d’approvisionnement et de coût de l’énergie.
En septembre 2025, Mokabi a obtenu la certification FSC®. ROUGIER est désormais entièrement certifié FSC® sur l’ensemble de ses concessions et unités industrielles. Le groupe gère 1,5 million d’hectares de forêts certifiées et poursuit ses investissements, notamment dans l’usine de Franceville au Gabon, pour accompagner le redressement de son activité et de ses résultats.
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