(ABC Bourse) - La consommation mondiale de pétrole pourrait atteindre son maximum plus tôt que prévu. TotalEnergies vient de revoir ses perspectives énergétiques et pointe plusieurs facteurs susceptibles d'accélérer le mouvement, à commencer par l'essor des voitures électriques et les bouleversements sur les marchés de l'énergie.

Le pétrole pourrait approcher d'un tournant historique d'ici une dizaine d'années. Ce lundi 2 novembre 2026, TotalEnergies a annoncé que la demande mondiale devrait atteindre son niveau maximal entre 2035 et 2040. Une échéance avancée par le groupe pétrolier français, qui envisage désormais une stabilisation de la consommation avant son recul progressif.
Cette nouvelle projection, présentée par Aurélien Hamelle, directeur du développement durable de TotalEnergies, marque une évolution par rapport aux estimations de l'an dernier. Le groupe anticipait alors une croissance de la demande jusqu'en 2040. Désormais, la progression des véhicules électriques et les conséquences de la crise énergétique liée à la guerre contre l'Iran pourraient modifier plus rapidement les habitudes de consommation.
TotalEnergies revoit ses prévisions sur le pétrole pour 2035-2040
Dans son rapport annuel consacré aux perspectives énergétiques mondiales, TotalEnergies décrit une trajectoire en plusieurs étapes. La consommation de produits pétroliers continuerait d'abord d'augmenter, avant de se stabiliser pendant les années 2030. Elle commencerait ensuite à diminuer lentement.
Le changement concerne surtout le calendrier. Alors que les précédentes prévisions envisageaient une hausse continue jusqu'en 2040, le nouveau scénario ouvre la possibilité d'un plafonnement plus précoce. Le groupe ne prévoit donc pas une disparition rapide du pétrole, mais un ralentissement de la demande suivi d'une baisse graduelle.
Cette évolution pourrait même prendre davantage de vitesse. Selon Aurélien Hamelle, la consommation mondiale serait susceptible de reculer plus rapidement si les ventes de véhicules électriques poursuivaient leur progression. Le phénomène touche déjà plusieurs grandes régions du monde, particulièrement l'Asie, l'Amérique latine et l'Europe.
Le rapport souligne également le renforcement des obligations d'incorporation de biocarburants dans les carburants traditionnels. Ces exigences contribuent à faire évoluer les modes de consommation énergétique, parallèlement à la diffusion des motorisations électriques.
Un autre élément pourrait peser sur cette trajectoire. La crise des marchés énergétiques provoquée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran pourrait jouer un rôle d'"accélérateur" de la transition énergétique, selon les termes repris dans la dépêche Reuters. Les tensions géopolitiques s'ajoutent donc aux évolutions technologiques déjà observées dans les transports.
Prix du gaz en Europe, Patrick Pouyanné prévient d'un approvisionnement plus coûteux
Les perspectives de TotalEnergies ne concernent pas uniquement le pétrole. Lors de la présentation du rapport, Patrick Pouyanné, PDG du groupe, s'est également exprimé sur la situation du marché gazier européen, confronté à de nouvelles tensions à l'approche de l'hiver.
Le dirigeant a affirmé que "l'idée d'une pénurie de gaz est erronée". Il a toutefois prévenu que les pays européens devraient accepter de payer davantage pour obtenir les volumes nécessaires à leur approvisionnement.
L'Europe doit en effet rivaliser avec les acheteurs asiatiques pour attirer les cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette concurrence intervient alors que les pays européens cherchent à reconstituer leurs réserves avant les mois les plus froids, dans un environnement géopolitique incertain.
Les prix du gaz ont déjà augmenté pendant l'été, une période où les négociants privilégient habituellement le stockage des volumes disponibles plutôt que leur commercialisation immédiate.
La situation allemande illustre ces difficultés. Au 1er novembre 2026, les installations de stockage de gaz du pays, les plus importantes d'Europe, n'étaient remplies qu'à 61,03 %, selon les données de Gas Infrastructure Europe. Il s'agit de leur plus faible niveau enregistré pour une entrée dans la saison hivernale.
À la même date, le taux moyen de remplissage des réserves de l'Union européenne atteignait 74,62 %, soit 13,59 points de plus que celui de l'Allemagne. Un écart qui accompagne les tensions sur l'approvisionnement gazier européen au moment où TotalEnergies révise ses perspectives de consommation mondiale de pétrole.
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