
(ABC Bourse) - L’ADISECT interpelle Carbios sur l’avenir de son projet industriel phare en France. L’association d’actionnaires et d’anciens dirigeants réclame des clarifications sur la future usine de recyclage enzymatique de Longlaville, dont la mise en service est envisagée au premier semestre 2028. En cause : des interrogations persistantes sur la rentabilité et la compétitivité du site face aux développements internationaux du groupe, notamment en Chine.
Dans un communiqué distinct de celui de la société, l’Association de Défense de l’Intérêt Social des Entreprises Cotées de la Tech prend acte de la confirmation du projet par Carbios, tout en estimant que sa viabilité économique reste « insuffisamment démontrée ». Elle pointe un risque direct pour les financements publics et privés mobilisés si le site français s’avérait moins performant que des projets industriels développés hors d’Europe.
Des doutes sur la compétitivité du site français
Selon les éléments évoqués par Carbios dans son communiqué du 30 mars 2026, les subventions publiques et financements nécessaires au projet pourraient être sérieusement compromis si la rentabilité du site devait se révéler inférieure à celle d’unités implantées à l’étranger, en particulier en Chine.
L’ADISECT alerte sur le risque que l’usine de Longlaville se retrouve structurellement moins compétitive. Elle cite le coût de la main-d’œuvre en France, le coût de la collecte des déchets ainsi qu’un fonctionnement industriel globalement plus élevé que dans d’autres zones géographiques.
L’association estime que ces facteurs pourraient fragiliser la position du site français dans la stratégie industrielle du groupe et, à terme, remettre en cause la bonne utilisation des financements engagés.
Partenariat avec Wankai et protection des intérêts stratégiques
Dans ce contexte, l’ADISECT demande des éclaircissements précis sur plusieurs points jugés déterminants. Elle souhaite notamment connaître les engagements contractuels et financiers résultant du partenariat avec Wankai New Materials susceptibles d’avoir un impact sur la compétitivité réelle de Longlaville.
L’association interroge également l’articulation entre le projet français et les projets internationaux de Carbios, dont celui prévu avec Wankai New Materials. Elle insiste sur la nécessité de garantir que Longlaville demeure un pilier prioritaire de la stratégie industrielle et technologique du groupe en France.
La protection des brevets de Carbios et la liberté d’exploitation des procédés dans les différents marchés géographiques, dont la Chine, figurent aussi parmi les préoccupations mises en avant. Pour l’ADISECT, ces éléments conditionnent la protection de l’intérêt social de Carbios et de ses actionnaires.
L’association annonce qu’elle continuera à se mobiliser pour assurer transparence, cohérence et faisabilité économique du projet, afin d’éviter que le site de Longlaville ne devienne « un simple affichage sans réelle intention industrielle ». Elle salue par ailleurs l’initiative du député Philippe Juvin visant à renforcer le contrôle des investissements étrangers en France et indique vouloir se joindre aux procédures civiles et pénales évoquées par Carbios, notamment celles destinées à obtenir les documents relatifs au partenariat avec Wankai New Materials.
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