Les semi-conducteurs sont considérés comme le nouveau pétrole quotidien. Ils sont indispensables dans le bon fonctionnement des smartphones, des ordinateurs, des véhicules, des avions, des machines/équipements industriels et d'infrastructures. Ce compartiment du secteur technologique regorge un énorme vivier.
Avec une croissance fulgurante ces dernières années, les semi-conducteurs attirent de plus en plus l'attention des investisseurs, comme s'il y avait une course à l'armement. Alors comment tirer profit à travers quelques idées d'investissement.
Chaine de valeur des semi-conducteurs : Une machine bien huilée
Comprendre la chaîne de valeur des semi-conducteurs est essentiel pour les investisseurs cherchant à identifier les opportunités d'investissement dans ce secteur dynamique. La chaîne de valeur est divisée en plusieurs segments, chacun ayant des acteurs majeurs et des caractéristiques spécifiques.
Les étapes vers la fabrication et l'expédition finales sont nombreuses. Mais si on analyse bien la chaine de valeur du secteur, tout se repose sur les fonderies. Leur expertise est précieuse dans la production et permet de créer un écosystème favorable à chaque segment avec des économies d'échelle. Cela étant, nous verrons plus tard que cette dépendance vis-à-vis des fonderies comporte des risques de contrepartie non négligeables.
Une diversification large dans la famille des semi-conducteurs
Vous avez la chance de tomber sur un secteur suffisamment large pour dénicher des idées d'investissement. De plus, les semi-conducteurs bénéficient de l'essor de l'intelligence artificielle, de la 5G, des véhicules électriques ou de l'internet des Objets (IoT). Toutefois, les entreprises ne sont pas égales entre elles. Selon les segments répertoriés dans la chaîne de valeur, les performances peuvent être hétérogènes.
En amont, on retrouve la conception (IP) et l'automatisation de la conception électronique. Des entreprises telles que Arm et Imagination Technologies créent des architectures de puces. Dans le même temps, Cadence et Synopsis fournissent des logiciels pour concevoir et tester les circuits intégrés avant leur fabrication.
Ensuite, les entreprises phares du secteur interviennent dans la conception sans fabrique (Fabless design). Nvidia, AMD et les autres conçoivent les puces et confient la fabrication à des fonderies. Ce qui leur permet d'économiser des capitaux et de ne pas subir les risques associés à la fabrication.
Les fonderies telles que Taiwan Semiconductor et UMC ont le défi de réduire la taille des transistors, et donc améliorer la performance et l'efficacité énergétique des puces. Pour cela, elles demandent l'expertise des équipementiers (ASML, Lam Research, Applied Materials, etc.) et la fourniture de matières premières nécessaires à la fabrication de plaquettes de silicium, la base des puces électroniques.
En bas de la chaine, vous avez affaire à des entreprises intégrées comme Intel, Samsung, Texas Instruments. Elles s'occupent de l'ensemble du processus de production de semi-conducteurs. En étant plus proches des clients finaux, elles ont l'inconvénient d'être plus exposées à la conjoncture économique.
Juste après la fabrication, des entreprises comme Advantest, Teradyne et Amkor Technology se positionnent sur l'assemblage, les tests et le packaging dans le but que les puces soient en état de fonctionnement et prêtes pour l'intégration dans les produits finis.
Les risques de contrepartie
Si pour l'instant, le momentum reste favorable aux semi-conducteurs, les investisseurs devraient se soucier des risques de contrepartie. La dépendance à l'Asie est suffisamment importante qu'on ne peut pas l'ignorer. Rien que Taïwan, l'archipel représente plus de 60 % de production mondiale de semi-conducteurs et 90 % pour ceux qui ont des technologies avancées.
Si on inclut la Chine, la Corée du Sud et le Japon, l'Asie représente plus de 80 % des capacités de production mondiale. Les programmes d'investissement lancés par les Etats-Unis et l'Europe n'auront peu d'effets à court terme pour combler cette dépendance.
Pour ne rien arranger, les tensions géopolitiques entre la Chine et les Etats-Unis avec la question de l'appartenance de Taïwan à l'Empire du Milieu constitue l'autre risque de contrepartie. Un blocus autour de l'archipel ou en Mer de Chine entraînerait de nouveaux problèmes de chaînes d'approvisionnement sur les semi-conducteurs, et donc un potentiel emballement de l'inflation.
En conclusion, les semi-conducteurs offrent de nombreuses opportunités pour les investisseurs, grâce à une chaîne de valeur diversifiée. Chaque segment, de la conception à la fabrication et à l'assemblage, joue un rôle crucial dans la dynamique du secteur. Les investisseurs doivent surveiller les tendances technologiques et les capacités de production des différents acteurs pour prendre des décisions d'investissement claires. Et si vous souhaitez investir dans plusieurs actions de semi-conducteurs avec un risque mesuré, vous pouvez par exemple jeter un œil avisé sur l'ETF Amundi MSCI Semiconductors ESG Screened (CHIP).