Forvia tente de sortir d’une véritable descente aux enfers boursière. L’équipementier, lourdement pénalisé ces dernières années par l’endettement hérité du rachat de Hella, la faiblesse du marché automobile européen et désormais les difficultés rencontrées en Chine, évolue encore sous les 10 euros, après avoir dépassé 20 euros fin 2023.
Les résultats du premier semestre apportent pourtant quelques arguments aux optimistes. Malgré un chiffre d’affaires en recul organique de 1,9 %, légèrement moins bon que la production automobile mondiale, la marge opérationnelle progresse à 6 %. Surtout, le flux de trésorerie net atteint 432 millions d’euros, très largement supérieur aux attentes, tandis que la dette nette a été ramenée à 5,5 milliards. Forvia confirme ainsi son objectif d'un levier proche de 1,5 fois l’EBITDA fin 2026.
Le problème reste la visibilité. En Chine, les ventes ont chuté de 19,3 % au premier semestre, notamment en raison d’un mix clients défavorable et des difficultés de BYD. À cela s’ajoutent une production automobile mondiale attendue en baisse au second semestre et les incertitudes commerciales.
La sanction boursière a toutefois ramené la valorisation à des niveaux particulièrement faibles. Forvia se paie autour de 2,2 fois l’EBITDA attendu en 2026, contre environ 2,5 fois pour Valeo. La décote traduit donc davantage le risque financier et sectoriel qu’un problème immédiat de rentabilité.
Graphiquement, un premier changement se dessine après le récent test de la résistance des 10 euros. Le RSI s’est redressé et le titre repasse au-dessus de ses moyennes courtes. Tant que la zone des 8,4 euros tient, un retour vers 11-11,50 euros reste envisageable. Au-delà, le scénario d’un véritable retournement commencerait à prendre corps. À l’inverse, une rupture des récents points bas replacerait immédiatement le dossier dans sa tendance baissière de fond.
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