Longtemps considéré comme l'un des acteurs les plus solides des services numériques en Europe, Sopra Steria traverse une période plus délicate en Bourse. Si le ralentissement des dépenses informatiques de certaines grandes entreprises explique une partie de cette prudence, le titre souffre également d'une interrogation plus profonde : l'essor de l'intelligence artificielle générative risque-t-il de remettre en cause le modèle économique traditionnel des sociétés de services informatiques ?
Les résultats publiés depuis le début de l'année apportent pourtant des éléments plutôt rassurants. Après un exercice 2025 marqué par un recul de 2,2 % du chiffre d'affaires, le groupe est revenu sur une trajectoire de croissance au premier trimestre 2026 avec des revenus de 1,46 milliard d'euros, en hausse organique de 3,2 %. Cette amélioration s'accompagne d'une solide génération de trésorerie et d'un bénéfice net 2025 en progression de plus de 18 %, démontrant la capacité du groupe à préserver sa rentabilité malgré un environnement moins porteur. Pour 2026, Sopra Steria vise une croissance organique comprise entre 1 % et 2 %, une marge opérationnelle d'au moins 9,5 % et un flux de trésorerie disponible représentant environ 5 % du chiffre d'affaires.
Le principal sujet d'inquiétude reste toutefois l'intelligence artificielle. Les investisseurs redoutent que l'automatisation d'une partie du développement logiciel, des tests ou de la maintenance réduise progressivement les besoins en prestations traditionnelles, pesant ainsi sur les volumes et les marges des ESN. Cette perception explique en partie la pression exercée sur le cours ces derniers mois.
Pour autant, cette vision apparaît réductrice. Sopra Steria investit massivement dans l'IA générative et accompagne déjà ses clients dans leurs projets de transformation, de cybersécurité, de souveraineté numérique ou encore d'intégration de solutions d'IA. Le groupe considère davantage cette révolution comme un levier d'évolution de son offre que comme une menace pour son activité.
Le défi principal reste de démontrer que l'intelligence artificielle peut devenir un moteur de croissance plutôt qu'un facteur de pression sur les prix et de convaincre les investisseurs que son positionnement sur les projets stratégiques à forte valeur ajoutée lui permettra de tirer pleinement parti de la prochaine vague de transformation numérique.
Sur le plan technique le titre se montre toutefois un peu plus enthousiaste et commence à surmonter les grandes peurs liées à l'IA. On constate que l'action s'est remise dans une dynamique positive et évolue par petites touches à l'intérieur d'un couloir de tendance haussier qui nous ramène progressivement vers la principale zone de résistance située à 160€ par action. C'est cet objectif que nous viserons dans un premier temps. Au vu de la valorisation actuelle inférieure à 9 fois les bénéfices attendus cette année le potentiel pourrait cependant être bien supérieur.
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