
(ABC Bourse) - Le passage à la pompe se complique pour de nombreux automobilistes. Ce mardi 7 avril, près d’une station-service sur cinq en France affiche au moins un carburant en rupture de stock, dans la foulée du week-end prolongé de Pâques. Une situation qui s’est nettement dégradée en quelques jours.
Selon les autorités et les professionnels du secteur, ces tensions ne sont pas liées à un manque de carburant, mais à des difficultés de livraison. En toile de fond, une demande élevée, des déplacements massifs et un réseau logistique ralenti pendant les jours fériés.
Pourquoi les stations-service sont en rupture après le week-end de Pâques
La hausse est brutale. Alors que seulement 10% des stations étaient touchées début avril, elles sont désormais environ 18%, voire "une station sur quatre" selon Olivier Gantois.
Le président de l’Union française des industries pétrolières évoque un enchaînement bien connu lors des longs week-ends : "des déplacements importants", combinés à une logistique sous tension. Il précise ainsi : "On a une logistique qui a du mal à tenir les week-ends de trois jours", notamment parce que "la plupart des camions ne circulent pas ni les dimanches ni les jours fériés".
Les stations du réseau TotalEnergies concentrent l’essentiel des difficultés. En cause, le plafonnement des prix : 1,99 euro le litre pour l’essence et 2,09 euros pour le diesel, qui a attiré davantage d’automobilistes et accentué la pression sur les stocks. À 7h45 ce mardi, environ 66% de ces stations étaient concernées, contre seulement 4,1% ailleurs.
Pénurie ou simple tension ? Ce que disent les autorités et les professionnels
Malgré ces chiffres, les acteurs du secteur veulent rassurer. Olivier Gantois affirme que "Les stations seront pour la plupart réapprovisionnées dès aujourd'hui", évoquant "un problème purement logistique".
Il ajoute que la situation reste sous contrôle à court terme : "Pour le mois d'avril, on arrive à approvisionner normalement nos clients. […] On a quelques semaines de visibilité", allant jusqu’à affirmer : "Nous ne voyons pas d'avril noir poindre en Europe ou en France".
La consommation, elle, ne faiblit pas. "En mars 2026, on a consommé 1 % de plus qu'en mars 2025. Donc la consommation, comme souvent d'ailleurs, est relativement constante", souligne-t-il.
Dans ce contexte, le gouvernement prépare de nouvelles mesures. Maud Bregeon a annoncé un soutien "dans les jours à venir", ciblé sur "les Français qui travaillent", notamment les "aides-soignantes", les "aides à domicile" et "certains agriculteurs qui font encore face à des difficultés particulières".
Elle exclut toutefois toute aide généralisée, évoquant une "aide universelle, parce que nous ne pouvons pas nous le permettre", préférant "Cibler les aides vers les Français qui travaillent vers les secteurs les plus en difficulté, vers celles et ceux pour qui terminer le mois est encore plus difficile".
Enfin, la piste d’un plafonnement plus strict des prix est également écartée, malgré la proposition d’un prix maximum à la pompe de 1,70 euro. Selon la ministre, "On voit en ce moment, avec ce qu'on vit sur les réseaux Total, que ça amènerait dans un laps de temps très rapide à des problématiques de pénurie".
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