
(ABC Bourse) - L’économie mondiale devrait éviter la récession en 2026, avec une croissance avoisinant les 3%, malgré des tensions géopolitiques persistantes et une inflation volatile. Dans ses perspectives d’investissement à mi-année, Amundi estime que la résilience observée jusqu’à présent sera mise à l’épreuve au second semestre, sur fond de désescalade fragile au Moyen-Orient et d’accélération de la diffusion de l’intelligence artificielle.
Le premier gestionnaire d’actifs européen, qui gère près de 2 400 milliards d’euros d’encours, prévoit un environnement marqué par une croissance inégale, des contraintes budgétaires accrues et une plus grande volatilité des taux d’intérêt. Les banques centrales devraient, pour la plupart, maintenir une ligne prudente face à des risques politiques et inflationnistes toujours élevés.
Croissance mondiale proche de 3% et pétrole entre 80 et 90 dollars
Selon le scénario central d’Amundi, une désescalade fragile dans le détroit d’Ormuz permettrait de stabiliser le cours du pétrole entre 80 et 90 dollars le baril d’ici la fin de l’année. Un réajustement progressif des prix aiderait l’économie mondiale à éviter une récession, même si la société de gestion indique avoir réduit la plupart de ses prévisions de croissance.
La croissance restera inégale et l’inflation sans doute volatile. Face à une inflation supérieure à l’objectif et à des risques géopolitiques persistants, la Fed et les principales banques centrales des marchés émergents devraient maintenir leurs taux inchangés. La Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon pourraient relever leurs taux d’ici la fin de l’année.
Un scénario pessimiste intègre l’hypothèse d’un choc macroéconomique et financier lié à un échec de l’accord au Moyen-Orient ou à une forte correction des marchés dans le secteur de l’IA, ravivant les pressions inflationnistes et le risque de récession. À l’inverse, un scénario optimiste repose sur une réouverture plus crédible du détroit, favorisant la désinflation et un regain de confiance des consommateurs et des investisseurs.
Monica Defend, directrice de l’Amundi Investment Institute, a déclaré : « Les investisseurs sont confrontés à un monde dans lequel l'indépendance des banques centrale est mise à l'épreuve, l'inflation est plus volatile et les risques de concentration s'accentuent. Les portefeuilles doivent s'adapter à ce nouveau contexte et résister à différents scénarios : ils doivent être diversifiés sur plusieurs devises, investis dans des actifs réels et dans l'or et explorer avec rigueur les thèmes structurels et les secteurs au sein des actions. »
IA, Europe, marchés émergents : les axes d’investissement privilégiés
Amundi privilégie une réallocation sélective des risques plutôt qu’un repli défensif. Sur les marchés obligataires, la société évoque une « Réinitialisation des rendements » et met en avant des revenus attractifs, tout en soulignant que les risques inflationnistes et budgétaires limitent le rôle de couverture des obligations. Elle affiche une préférence pour l’Europe, les obligations indexées sur l’inflation et le crédit « investment grade » offrant un « carry » de qualité.
Sur les actions, la sélectivité géographique et sectorielle devient centrale. L’IA ne se limite plus au secteur technologique et les opportunités progressent vers l’énergie, les infrastructures, les équipements, les logiciels, la robotique et les utilisateurs finaux. Amundi anticipe également une reprise des dépenses d’investissement en Europe, portée par les besoins d’autonomie stratégique dans la défense, l’énergie, les infrastructures et l’IA. Les actions japonaises bénéficient aussi de facteurs de soutien à long terme.
Les marchés émergents offrent des opportunités sélectives, notamment la dette émergente, les exportateurs de matières premières et certaines valeurs technologiques en Asie. La position est neutre sur la Chine et positive sur l’Inde, dont les fondamentaux de croissance structurelle restent jugés intacts malgré sa vulnérabilité au choc pétrolier. Le dollar devrait sous-performer la plupart des devises, en particulier celles liées aux matières premières, et poursuivre sa tendance baissière sur le long terme.
Vincent Mortier, Directeur des Gestions du groupe Amundi, a ajouté : « Les opportunités dans l'IA se déplacent du développement de technologies de pointe vers leur déploiement à grande échelle ; l'investissement doit envisager l'ensemble de la chaîne de valeur et une diversification face aux risques technologiques, géopolitiques et physiques . »
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