(ABC Bourse) - Face au retour des tensions inflationnistes et à la hausse persistante des prix de l’énergie, la BCE s’apprête à prendre une décision attendue par les marchés. Une mesure qui intervient alors que la croissance économique montre des signes de faiblesse dans la zone euro.

Le rendez-vous de jeudi s’annonce décisif pour la politique monétaire européenne. Selon l’analyse publiée par Vanguard, la Banque centrale européenne devrait relever son taux de dépôt de 25 points de base, le portant à 2,25 %. Cette décision intervient alors que l’inflation repart à la hausse dans la zone euro et que les prix de l’énergie demeurent bien plus élevés que prévu.
Ce mouvement marque un changement de ton dans la stratégie de la BCE. Après plusieurs mois d’attentisme, l’institution de Francfort semble désormais prête à agir pour éviter un ancrage durable des tensions inflationnistes, malgré un contexte économique plus fragile.
Pourquoi la BCE envisage une hausse de ses taux
L’élément central de cette réévaluation réside dans l’évolution des prix de l’énergie. Même si les marchés énergétiques se sont stabilisés depuis le printemps, les niveaux actuels restent nettement supérieurs à ceux pris en compte dans les projections économiques de mars.
Dans ce contexte, l’inflation globale a atteint 3,2 % en mai. Les tensions ne concernent plus uniquement l’énergie. L’inflation sous-jacente a également accéléré, portée notamment par la progression continue des prix des services.
Les indicateurs avancés observés par la BCE montrent également des pressions sur les prix plus importantes qu’anticipé. Les anticipations d’inflation à court terme ont légèrement progressé, renforçant les inquiétudes du Conseil des gouverneurs concernant un possible effet de second tour.
Les nouvelles projections de la BCE devraient intégrer une inflation plus élevée pour les années 2026 et 2027, s’éloignant progressivement du scénario central présenté au printemps.
Une économie européenne qui ralentit malgré le retour de l’inflation
La difficulté pour la BCE réside dans le fait que l’inflation remonte alors même que l’activité économique ralentit.
Les dernières enquêtes de conjoncture font état d’un affaiblissement de l’activité dans plusieurs secteurs. Le produit intérieur brut du premier trimestre a été révisé à -0,2 %, confirmant une dynamique moins favorable qu’attendu.
La hausse des coûts énergétiques et le durcissement progressif des conditions financières pèsent aussi sur la demande des ménages et des entreprises. Cette combinaison de croissance faible et d’inflation élevée complique considérablement la tâche de la banque centrale.
Par rapport aux prévisions publiées en mars, les nouvelles données économiques rapprochent désormais la zone euro du scénario défavorable envisagé par les économistes de la BCE.
Christine Lagarde devrait privilégier la prudence pour la suite
Même si une hausse de 25 points de base apparaît largement anticipée, le message de la BCE devrait rester mesuré.
Selon Vanguard, cette décision serait présentée comme un ajustement de précaution destiné à prévenir une dérive des anticipations d’inflation plutôt que comme le début d’un cycle agressif de resserrement monétaire.
Lors de sa conférence de presse, Christine Lagarde devrait insister sur l’incertitude entourant l’évolution des prix de l’énergie et sur la nécessité de disposer de davantage de données avant d’envisager de nouvelles mesures.
Les économistes de Vanguard anticipent toutefois un second relèvement plus tard dans l’année, ce qui porterait le resserrement monétaire total à 50 points de base en 2026. Ils estiment néanmoins que cette phase resterait limitée et pourrait être suivie d’un assouplissement de la politique monétaire en 2027, à mesure que les tensions énergétiques s’atténueront.
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