
Les opérateurs de télécommunications Bouygues Telecom, Orange et Free-Groupe iliad ont annoncé samedi avoir signé un protocole d'accord pour l'acquisition des principaux actifs d'Altice France, parmi lesquels SFR, sur la base d'une valeur d'entreprise de 20,35 milliards d'euros.
Sur cette base, la répartition du prix reste inchangée par rapport à l'offre indicative annoncée le 17 avril dernier, à savoir environ 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Free-Groupe iliad et 27% pour Orange. Ces pourcentages pourraient varier d'ici à la finalisation de l'opération, en fonction de l'évolution des bases de clients.
Le prix de la transaction fera l'objet d'ajustements comptables incluant un complément de prix susceptible d'atteindre 650 millions d'euros. Ces ajustements tiendront également compte du montant exact de la dette nette à la date de clôture de l'acquisition et du respect des engagements financiers et réglementaires du vendeur jusqu'à cette date. En octobre 2025, Altice France avait rejeté une première offre émanant de ces trois opérateurs télécoms, qui valorisait sa cible à 17 milliards d'euros, dette incluse.
Des indemnités de rupture, comprises entre 100 millions et 2 milliards d'euros, ont aussi été convenues.
Le périmètre de l'opération englobe la plupart des actifs d'Altice France, mais exclut les participations dans les sociétés ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services, ainsi que les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d'outre-mer.
+ Un bouclage attendu au second semestre de 2027 +
Dans le cadre de l'opération, l'activité "B2C", qui comprend notamment la téléphonie mobile de SFR pour les particuliers, sera partagée entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange, tandis que la partie "B2B" dédiée aux entreprises sera reprise par Bouygues Telecom. Les autres actifs et ressources, notamment les infrastructures et les fréquences, seront partagés entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange, à l'exception du réseau mobile de SFR en zone non dense qui serait repris par Bouygues Telecom.
Les parts de Bouygues Telecom, de Free-Groupe iliad et d'Orange représenteraient, respectivement, 52%, 27% et 21% du chiffre d'affaires des actifs concernés par l'opération, et 42%, 33% et 24% de leur Ebitdaal. L'an passé, ces actifs ont réalisé un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros et un Ebitdaal de 2,6 milliards d'euros.
Le partage de SFR entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange, et donc la réduction à trois du nombre d'opérateurs télécoms en France, présenterait plusieurs avantages selon les membres du consortium. Cela leur permettrait de renforcer les investissements dans la résilience des réseaux très haut débit, dans la cybersécurité, mais aussi dans l'innovation et les nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle. Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange espèrent également consolider la maîtrise d'infrastructures stratégiques pour le pays et préserver un écosystème concurrentiel au bénéfice des consommateurs.
Une phase de consultation s'ouvre désormais avec les instances représentatives du personnel des entreprises concernées, afin de mener un dialogue responsable et constructif et d'assurer la réussite de l'opération pour l'ensemble des parties.
Elle doit par ailleurs obtenir l'approbation des autorités compétentes, notamment au titre du contrôle des concentrations. La signature de la documentation juridique définitive est attendue au second semestre de cette année, tandis que la réalisation de la transaction pourrait intervenir au second semestre de 2027. "Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée", ont rappelé les parties.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
