
(ABC Bourse) - Les taux de crédit immobilier avaient offert un peu d’air aux acheteurs, mais cette accalmie pourrait toucher à sa fin. En France, les banques ont commencé à relever leurs barèmes en septembre 2026, tandis que l’OAT à 10 ans a atteint 4,53 % en séance le 15 septembre. La Banque centrale européenne a elle aussi relevé ses taux en septembre, sur fond de tensions inflationnistes.
Pour les ménages qui préparent un achat immobilier, la hausse reste encore limitée mais pourrait s’accélérer. Selon Meilleurtaux, les taux moyens atteignent désormais 3,4 % sur 15 ans, 3,5 % sur 20 ans et 3,6 % sur 25 ans. Les meilleurs dossiers peuvent encore obtenir des conditions plus favorables, autour de 3,1 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans selon Vousfinancer. Mais plusieurs professionnels envisagent maintenant des taux moyens proches de 4 % dès janvier 2027.
Crédit immobilier, les banques commencent à relever leurs taux
Jusqu’ici, les banques ont limité la transmission de la hausse de leurs propres coûts de financement aux particuliers. Leur objectif reste de continuer à distribuer des crédits immobiliers et de préserver leur activité, malgré un environnement financier devenu beaucoup moins favorable.
Le modèle français du crédit immobilier joue aussi un rôle particulier. Les prêts à taux fixe dominent le marché : une hausse des taux survenant pendant la durée du crédit ne modifie donc pas les mensualités d’un emprunteur déjà engagé. La situation diffère d’autres marchés européens ou nord-américains où les prêts révisables occupent une place plus importante.
Pour les nouveaux emprunteurs, en revanche, les premiers effets sont déjà visibles. À la mi-septembre, les établissements financiers avaient envoyé des barèmes en hausse de 0,1 à 0,15 point. Cette progression laisse encore une différence sensible entre les conditions standards et celles accordées aux dossiers jugés les plus solides.
Depuis le début du mois de septembre, les banques partenaires de Vousfinancer ont relevé leurs taux de 0,1 % à 0,2 % en moyenne. Le mouvement s’est accéléré le 11 septembre, au lendemain du nouveau resserrement monétaire de la BCE : quatre établissements ont appliqué une hausse supplémentaire de 0,2 %.
Cette évolution intervient alors que le marché obligataire français connaît de fortes tensions. Le rendement de l’OAT à 10 ans, indicateur suivi de près pour mesurer les conditions de financement, a franchi le seuil de 4,5 % le 15 septembre et atteint 4,53 % en séance.
Taux immobilier à 4 % en janvier 2027, ce qui pourrait changer pour les emprunteurs
La remontée de l’OAT, la reprise de l’inflation et l’instabilité géopolitique réduisent progressivement la marge dont disposent les banques pour contenir leurs barèmes. Artémis Courtage estime désormais que les taux de crédit immobilier pourraient atteindre 4 % en moyenne d’ici janvier 2027. La Centrale de Finance considère elle aussi qu’une OAT durablement supérieure à 4 % laisserait peu de latitude aux établissements pour diminuer leurs taux.
Le seuil des 4 % aurait des conséquences très concrètes pour les acheteurs. Plus le taux d’intérêt augmente, plus le coût du crédit progresse. À mensualité et durée identiques, la somme qu’un ménage peut emprunter diminue également. Une nouvelle hausse peut donc obliger certains acheteurs à réduire leur budget immobilier, augmenter leur apport ou revoir leur projet.
Les banques continuent pourtant de vouloir distribuer des crédits. La sélection des dossiers pourrait en revanche devenir plus stricte si les taux poursuivent leur progression. Les emprunteurs disposant d’un apport important, de revenus solides, d’un CDI ou de perspectives professionnelles favorables devraient rester les mieux placés pour négocier leurs conditions.
Une différence apparaît déjà dans les barèmes. Selon Vousfinancer, plusieurs établissements affichent des taux moyens supérieurs à 4 % pour certains profils auxquels ils ne souhaitent pas accorder de financement. Les dossiers considérés comme les plus solides bénéficient encore de décotes, même si celles-ci deviennent moins avantageuses et peuvent être réservées aux clients déjà présents dans la banque.
À quelques mois de janvier 2027, l’écart entre les meilleurs dossiers et les emprunteurs présentant moins de garanties pourrait donc continuer à se creuser. Avec des taux moyens actuellement compris entre 3,4 % et 3,6 % selon la durée chez Meilleurtaux, le mouvement observé depuis septembre place désormais le seuil des 4 % au centre des prochaines évolutions du crédit immobilier.
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