(ABC Bourse) - Le vent semble tourner, mais à petites rafales. En août 2024, la production de crédit immobilier hors renégociations a atteint 9,3 milliards d'euros, selon les statistiques de la Banque de France. C'est bien moins que les 11,3 milliards enregistrés en juillet, une baisse de 17,7 % en seulement un mois. Et pourtant, ce volume est en hausse par rapport à mars, où l'on touchait un plancher à 6,9 milliards. Le marché reprend donc des couleurs, même si le chemin est encore long pour retrouver les niveaux d'avant la hausse des taux d'intérêt par la Banque centrale européenne (BCE).
Des taux en baisse, mais des emprunts encore coûteux
Bonne nouvelle pour les emprunteurs : les taux d'intérêt des nouveaux crédits immobiliers continuent de s'ajuster. En août, le taux moyen est passé à 3,59 %, en légère baisse par rapport aux 3,64 % de juillet. Cette tendance laisse entrevoir un retour à un taux moyen de 3 % d'ici la fin de l'année, selon les prévisions du courtier Cafpi. Cependant, une fois les frais et assurances pris en compte, le coût total d’un emprunt sur 20 ans ou plus atteint 4,39 % pour le troisième trimestre 2024.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, encourage d'ailleurs les emprunteurs à agir sans attendre : « C'est le moment d'aller voir son banquier et de mettre les banques en concurrence pour obtenir le meilleur taux possible », a-t-il affirmé fin septembre sur France 2.
Les primo-accédants en force malgré un contexte difficile
Malgré ces taux encore élevés, le contexte s'améliore progressivement pour certains segments, notamment les primo-accédants. Plus de 50 % des crédits accordés en août concernaient l'achat d'une résidence principale par ces nouveaux venus sur le marché immobilier. La durée moyenne des prêts reste longue, avec des financements qui s'étendent sur environ 23 ans.
En parallèle, la baisse des prix de l'immobilier dans plusieurs grandes villes contribue à cette dynamique. Selon les indices Se Loger-Meilleurs Agents, les prix ont reculé en septembre, notamment de 0,2 % à Nice, 0,5 % à Strasbourg et 0,7 % à Rennes. Cafpi confirme cette tendance, indiquant que la baisse des taux s'est accompagnée d'une **réduction des prix de l'immobilier.
Les banques sous pression pour relancer le marché
Les banques, quant à elles, cherchent à revitaliser le marché. Elles disposent de marges de manœuvre réglementaires pour accorder des prêts dérogatoires. En août, environ 15,1 % des nouveaux crédits immobiliers ne respectaient pas les critères stricts du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), qui fixe notamment des plafonds d'endettement et de durée de prêt. Cette proportion reste toutefois en deçà du plafond autorisé de 20 %.
Selon les analystes, ces marges pourraient être utilisées plus largement dans les mois à venir, alors que les banques centrales continuent d'adoucir leur politique monétaire face à une inflation en déclin.
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