(ABC Bourse) - Eurasia Groupe, opérateur immobilier coté sur le compartiment Growth d’Euronext Paris, fait face à une assignation en ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, délivrée par la société luxembourgeoise OPUS – CHARTERED ISSUANCES S.A., qui évalue sa créance à 3.115.948 euros. La société indique « conteste fermement la demande » et précise qu’à ce stade « aucune procédure collective n'a été ouverte à l'égard de la Société, qui poursuit normalement son activité ».
Cette procédure intervient dans le cadre d’un litige lié à des contrats de location de matériels industriels conclus en 2021 et à un nantissement notifié à Eurasia Groupe le 4 décembre 2024. L’examen de la demande a été renvoyé à une audience fixée au 28 octobre 2026, tandis que des discussions sont en cours entre les parties autour d’un règlement sécurisé, notamment par voie de séquestre.
Une assignation liée à un nantissement et à une créance contestée
Eurasia Groupe explique qu’OPUS « n'est pas cocontractante de la Société » et affirme que cette dernière se prévaut « d'un nantissement consenti à son profit par la société ANDAMERA CORP SAS (« ANDAMERA ») sur les créances de loyers détenues par cette dernière sur la Société ». Le nantissement a été notifié à Eurasia Groupe le 4 décembre 2024. OPUS évalue sa créance à 3.115.948 euros.
La société rappelle qu’un protocole transactionnel a été conclu le 12 juin 2025 dans le cadre d’une procédure de conciliation ouverte à sa demande, avec un échéancier de règlement et un versement sur un compte séquestre, « avec instruction de reverser en priorité les fonds à OPUS ». Eurasia Groupe indique avoir exécuté cet échéancier jusqu’en octobre 2025.
Selon le communiqué, OPUS a mis fin à la convention de séquestre le 3 novembre 2025, pendant qu’ANDAMERA et OPUS réclamaient chacune le paiement à leur profit. Eurasia Groupe dit avoir suspendu ses règlements « afin de ne pas s'exposer à un double paiement ». OPUS a aussi engagé, le 5 janvier 2026, une action au fond en paiement « portant sur la même créance, qui demeure pendante ».
La ligne de défense d’Eurasia Groupe et l’état de sa situation
Eurasia Groupe indique avoir soutenu devant le tribunal, notamment, « que la créance invoquée, contestée dans son principe et son montant et soumise au juge du fond, ne présente pas le caractère certain, liquide et exigible requis ». La société fait aussi valoir qu’elle « ne se trouve pas en état de cessation des paiements au sens de l'article L. 631-1 du Code de commerce, l'interruption des paiements résultant exclusivement de l'incertitude créée quant au bénéficiaire des sommes ».
La société précise également que « l'accord de conciliation constaté par ordonnance du Président du Tribunal des activités économiques de Paris du 30 mai 2025 demeure en cours d'exécution, de même que le programme de cessions d'actifs qu'il prévoit ». Elle ajoute avoir sollicité « la condamnation d'OPUS à des dommages et intérêts pour procédure abusive ».
Calendrier judiciaire, discussions en cours et éléments de contexte sur le groupe
L’examen de la demande a été renvoyé à l’audience du 28 octobre 2026. Eurasia Groupe indique que « des discussions sont en cours entre les parties en vue de sécuriser le règlement des sommes dues au titre du protocole dans un cadre garantissant leur caractère libératoire, notamment par voie de séquestre », tout en précisant qu’« aucune assurance ne peut être donnée à ce stade quant à leur issue ».
Par ailleurs, la société indique avoir contesté devant le juge de l'exécution des mesures de saisie pratiquées par ANDAMERA, avec une instance renvoyée au 18 novembre 2026. Elle précise qu’« à la date du présent communiqué, aucune procédure collective n'a été ouverte à l'égard de la Société, qui poursuit normalement son activité » et qu’elle « tiendra le marché informé de toute évolution significative de ce dossier ».
Fondé en 1993, Eurasia Groupe présente un patrimoine brut expertisé de 222 M€ au 31 décembre 2024 et un parc locatif de 374 000 m² répartis sur 33 sites en Île-de-France. La société met en avant comme projet phare « la transformation de la Tour de la Villette en un ensemble hôtelier de plus de 1 000 chambres sur 43 000 m² » et rappelle avoir conclu en mai 2025 « un accord de conciliation avec l'ensemble de ses créanciers financiers, permettant de sécuriser la continuité d'exploitation et de planifier un programme ordonné de cessions d'actifs d'ici le 31 décembre 2027 ».
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