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Actualité publiée le 28/03/23 10:05

France: la croissance réduit un peu le poids de la dette et du déficit en 2022

La dette publique en France depuis 2000
La dette publique en France depuis 2000 (AFP/Emmanuelle MICHEL)

La poursuite de la croissance en France a permis de réduire le poids de la dette et du déficit publics en 2022, mais les finances publiques restent dégradées, l'endettement s'approchant du seuil symbolique de 3.000 milliards d'euros en valeur absolue.

Repli des dépenses et progression des recettes fiscales ont apporté un peu de baume au coeur des comptes publics lourdement affectés par la crise sanitaire puis l'envolée des prix de l'énergie exacerbée par la guerre en Ukraine.

La dette publique a reculé à 111,6% du produit intérieur brut (PIB), contre 112,9% en 2021, conformément aux anticipations du gouvernement, a indiqué mardi l'Institut national de la statistique (Insee).

Le déficit public a fait mieux que prévu, ramené de 6,5% à 4,7% du PIB, passant sous l'objectif officiel de 5%.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale à Paris, le 21 mars 2023
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale à Paris, le 21 mars 2023 (AFP/Archives/Emmanuel DUNAND)

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a salué mardi la "résilience" de l'économie qui a conduit à cette amélioration, tout en réaffirmant sa "détermination (...) totale" à rétablir les finances publiques, dans un climat électrisé par l'opposition à sa réforme des retraites.

Car la dette et le déficit restent très supérieurs à leur niveau d'avant-crise en 2019, du fait du "quoi qu'il en coûte" déployé par le gouvernement pour soutenir ménages et entreprises, et qu'il entend désormais réduire. La dette publique représentait alors 97,4% du PIB quand le déficit public s'affichait à 3,1%.

En valeur absolue, l'endettement de la France s'est creusé de 126,4 milliards d'euros en 2022 sur un an, atteignant 2.950 milliards d'euros, approchant du cap symbolique de 3.000 milliards d'euros.

Le déficit public s'est lui établi à 124,9 milliards d'euros, bénéficiant de recettes en hausse (53,4% du PIB contre 52,6% en 2021) tandis que les dépenses ont reculé à 58,1% du PIB (contre 59,1%).

Les recettes ont progressé de 7,3% (soit 95,7 milliards d'euros) grâce à la poursuite du rattrapage post-Covid de l'économie française (+2,6% en 2022), ainsi qu'à l'inflation qui a gonflé notamment les rentrées de TVA. "La bonne nouvelle, c'est qu'il y a eu une dynamique de l'économie française qui a permis d'avoir des dépenses qui n'augmentent pas aussi vite que les recettes", commente Charlotte de Montpellier, économiste chez ING.

"C'est un peu meilleur que ce qu'on aurait pu craindre, mais les chiffres des finances publiques restent quand même défavorables" et placent la France parmi "les pires pays européens", a-t-elle ajouté auprès de l'AFP.

- "Plusieurs milliards" d'économies -

Le ministère de l'Economie et des Finances, à Paris, le 15 novembre 2022
Le ministère de l'Economie et des Finances, à Paris, le 15 novembre 2022 (AFP/Archives/JOEL SAGET)

Pour redresser les finances publiques, le gouvernement mise principalement sur une hausse du PIB plus rapide que celle des dépenses, qui feraient l'objet de "plusieurs milliards d'euros d'économies".

Il anticipe la croissance à 1% en 2023, une prévision supérieure à celles d'institutions internationales.

"La difficulté pour la suite, c'est que le fort dynamisme des recettes fiscales ne va pas forcément perdurer", prévient Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévisions de l'OFCE. "En 2023, on est sur une trajectoire de la croissance beaucoup plus tassée", ajoute-t-il auprès de l'AFP.

Le gouvernement doit présenter vers la mi-avril sa trajectoire pluriannuelle pour les finances publiques. Il table à ce stade sur un déficit public de 5% en 2023 qui serait progressivement ramené sous la limite européenne de 3% en 2027, tandis que l'endettement se stabiliserait à 110,9% à cet horizon.

Début mars, la Cour des comptes s'était alarmée du manque d'ambition selon elle de ces objectifs.

Cette envolée de l'endettement depuis la crise sanitaire pèse sur les finances publiques en alourdissant considérablement la charge de la dette. Celle-ci s'est aussi alourdie avec la remontée des taux d'intérêt tandis qu'une partie de l'encours est indexée sur l'inflation.

La charge des emprunts publics s'est ainsi accrue de 15,1 milliards d'euros en un an, à 53,2 milliards en 2022, selon l'Insee.

A ce stade, les investisseurs ne se montrent pas inquiets. La dette française est considérée comme un actif sûr et la différence ("spread") avec les taux d'intérêt de l'Allemagne, qui fait référence dans l'UE (Union européenne), ne s'est pas significativement élargie.

Mais la pression s'accentuera aussi au niveau européen: suspendu durant le Covid, le Pacte de stabilité limitant le déficit budgétaire à 3% du PIB et la dette publique à 60% sera prochainement réactivé.

© 2023 AFP

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15 commentaires sur cet article. Participez à la discussion.

jcleb70
28/03/23 10:27

40 ans de laxisme budgétaire, il faut mettre des chefs d'entreprise à la tête de l'état ! l'état ne devrait pas être endetté à plus de 30% de son PIB, afin de disposer de marges pour gérer les nombreux challenges qui nous attendent ! Nous somme gérés depuis 40 ans pas des laxistes, incompétents et surtout irresponsables qui mettent tout le monde en danger !

byti
28/03/23 11:50
Bonjour, Je partage tout à fait votre analyse. Le problème existe depuis l'arrivée de la gauche au pourvoir. Les gauchos, on distribué à tout va, fait une société (pas tout le monde heureusement) des fainéants. Pendant ce temps là on avance pas, on creuse les déficits. Quelle honte!!
mika57
28/03/23 12:54

Question (très) bête, besoin d'explication svp :

Le budget, c'est des recettes et des dépenses.

Si dépenses > recettes, alors déficit.

Si les recettes ne sont pas suffisantes pour équilibrer son budget, l'Etat Français doit donc emprunter la différence entre les dépenses et les recettes.

Or, on nous dit que le ratio dette/PIB baisse, et le déficit public existe toujours.

Alors comment le ratio dette/PIB peut-il baisser ? Alors que le taux de déficit est > au taux de croissance du pays.

Si qqun a une explication, je suis preneur

Dubaisan
28/03/23 13:55

Je devine que le ratio dette /PIB fait référence à l'ensemble de la dette ( accumulée sur n années) alors que le ratio déficit /PIb est annuel (le déficit est estimé prévisionnellement chaque année lors de l'examen budgétaire, adapté avec les Lois de Finances rectificatives en cours d'exercice et finalisé à la clôture de l'exercice budgétaire ).

Dans ce cas, oui, le ratio dette/PIB peut baisser alors que le ratio déficit/Pib augmente...Si de plus, la croissance donc le PIB est forte le ratio dette /pib baissera d'autant....Mais ce qui m'étonne c'est justement qu'on a une croissance anémique (2.6%) elle-même financée par l'emprunt que ce soit pour le déficit budgétaire aussi bien que pour le déficit de la balance commerciale ....

C'est une situation qui ne peut pas tenir longtemps, et ne pas se faire d'illusions , la dette devra être remboursée capital et intérêts quoi qu'il en coûte aux français.



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