(ABC Bourse) - Goldman Sachs ne mise plus sur une année figée pour la BCE. La banque attend maintenant deux relèvements de taux au printemps, dans un climat marqué par la poussée des coûts de l’énergie et le retour du risque inflationniste.

Goldman Sachs estime désormais que l’institution pourrait relever ses taux directeurs à deux reprises, de 25 points à chaque fois, en avril puis en juin, alors que les craintes inflationnistes regagnent du terrain dans un contexte de guerre au Moyen-Orient.
Ce virage, signalé lundi 23 mars, place désormais Goldman Sachs dans le même camp que J.P. Morgan et Barclays. La semaine dernière encore, la Banque centrale européenne avait laissé ses trois taux directeurs inchangés, tout en avertissant que la guerre en Iran assombrissait les perspectives de croissance et d’inflation dans la zone euro.
Goldman Sachs revoit son scénario sur les taux de la BCE
Jusqu’ici, la banque américaine pensait que la BCE garderait ses taux inchangés tout au long de l’année. Ce scénario ne tient plus. Goldman Sachs table désormais sur deux hausses de 25 points, l’une en avril, l’autre en juin.
Le changement n’arrive pas dans le vide. Il intervient alors que J.P. Morgan et Barclays défendent déjà une lecture plus restrictive de la trajectoire monétaire en zone euro. En clair, Goldman Sachs rejoint un mouvement plus large chez les grandes banques, qui jugent le risque inflationniste plus sérieux qu’il ne l’était encore il y a peu.
Guerre au Moyen-Orient, énergie et inflation au centre des inquiétudes
Au cœur de cette révision, il y a la même mécanique que celle pointée par les marchés ces derniers jours : l’enlisement de la guerre au Moyen-Orient pèse sur les coûts de l’énergie et ravive les tensions sur l’économie mondiale.
Dans ce contexte, la BCE avait déjà envoyé un signal de prudence la semaine dernière. Elle a maintenu ses trois taux directeurs à leur niveau actuel, mais a aussi averti que la guerre en Iran noircissait les perspectives pour la zone euro, à la fois sur la croissance et sur l’inflation.
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L’hypothèse avancée par Goldman Sachs repose donc sur un enchaînement devenu central dans le débat monétaire : une énergie plus chère, des pressions inflationnistes qui repartent, puis une banque centrale poussée à durcir sa politique plus tôt que prévu.
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