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Actualité publiée le 16/04/25 11:03

Impôt sur la fortune immobilière : 2,2 milliards d'euros récoltés en 2024, un record depuis sa création

(ABC Bourse) - L’impôt sur la fortune immobilière fait mieux que jamais. Pour 2024, ce prélèvement réservé aux très hauts patrimoines immobiliers devrait rapporter  2,2 milliards d’euros, soit 11 % de plus qu’en 2023. Un record depuis son lancement en 2018, selon les chiffres dévoilés par la Direction générale des finances publiques. Derrière cette progression, une réalité : le nombre de foyers redevables a explosé.

Ils étaient près de 176 000 l’an dernier, ils sont aujourd’hui 186 000 à devoir s’acquitter de cette taxe, ciblant les détenteurs d’un patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d’euros. Si la valeur moyenne du patrimoine des contribuables imposés reste stable, autour de 2,5 millions d’euros, elle continue de progresser doucement, tout comme les dons déclarés qui, eux aussi, offrent des réductions d’impôts.

Pourquoi l’IFI grimpe malgré un marché immobilier tendu

Alors que les prix de l’immobilier stagnent, voire reculent dans plusieurs grandes villes, la base imposable de l’IFI continue, elle, de s’élargir. En 2024, les foyers concernés ont déclaré un patrimoine brut de 544 milliards d’euros, dont 467 milliards d’euros nets imposables, en hausse de 7,7 % sur un an. Un paradoxe en apparence, qui s’explique par l’abattement de 30 % sur la résidence principale, mais aussi par une gestion fiscale rigoureuse et une valorisation continue de certains biens, notamment dans les zones tendues.

Les règles sont connues : les taux d’imposition progressifs varient entre 0,50 % et 1,50 %, en fonction du montant net du patrimoine. Ce qui distingue cet impôt de l’ancien ISF, c’est qu’il n’intègre plus les actifs financiers, exclusivement axé sur l’immobilier depuis la réforme voulue par Emmanuel Macron.

Et ce recentrage n’a rien d’anodin : l’IFI reste concentré sur une fraction bien précise de la population. Les foyers redevables déclarent en moyenne 281 000 euros de revenus annuels, contre 34 000 euros pour l’ensemble des Français. Une niche fiscale, certes, mais très surveillée.

Où vivent les contribuables les plus imposés ?

Paris et les Hauts-de-Seine raflent la mise. Selon les données de la DGFiP, plus de 50 % des foyers soumis à l’IFI résident en Île-de-France, avec une forte concentration dans les arrondissements les plus cotés de la capitale. À eux seuls, Paris (31 %) et les Hauts-de-Seine (10 %) concentrent 41 % des déclarants. Une géographie qui épouse fidèlement celle des prix au mètre carré les plus élevés de l’Hexagone.

Lire aussi : Le gouvernement veut réduire les dépenses publiques de 6% sans couper dans le vif

Les réductions fiscales attirent aussi de plus en plus de foyers. En 2024, environ 200 millions d’euros ont été déclarés en dons ou investissements dans des PME éligibles. Près de 65 millions d’euros concernent les dons ouvrant droit à réduction, 111 millions les investissements dans des entreprises.

Ce levier fiscal est souvent utilisé par les contribuables pour alléger la note… tout en soutenant des projets entrepreneuriaux ou associatifs.

Une réforme de l’IFI est-elle en préparation ?

Le gouvernement ne cache plus ses intentions. Éric Lombard, ministre de l’Économie, l’a affirmé dès mars : il faudra faire évoluer la contribution des hauts patrimoines pour lutter contre les stratégies d’évitement fiscal. Et les discussions sont déjà engagées à Bercy.

L'idée d'un taux d'imposition minimum fait son chemin. Une manière d'éviter que les plus fortunés ne parviennent à minimiser leur IFI via des montages juridiques ou des réductions habilement optimisées. La ministre déléguée aux Comptes publics, Amélie de Montchalin, confirme : « Nous travaillons à trouver un mécanisme de lutte contre le contournement et les abus les plus caractérisés ».

Et même si l’IFI reste un impôt marginal dans les recettes fiscales nationales, à peine 0,5 % du total en 2024, contre 38 % pour la TVA, son poids symbolique est fort. Il est devenu le thermomètre de la fiscalité des ultra-riches et pourrait bien être la première pièce d’un puzzle budgétaire en recomposition à l’approche du débat 2026.

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