
Les Bourses européennes reculent vendredi matin, alors que les cours du pétrole continuent de monter en raison des tensions persistantes au Moyen-Orient, tandis que les investisseurs assimilent une nouvelle série de publications d'entreprises.
Vers 11h30, l'indice Stoxx Europe 600 perdait 0,9%, à 608,6 points. A Paris, le CAC 40 et le SBF 120 reculaient de 1,2%. A Francfort, le DAX 40 cédait 0,5%, tandis que le FTSE 100 abandonnait 0,7% à Londres.
"Le pétrole continue de dicter le tempo des marchés, et ce qu'il raconte [vendredi] est tout sauf rassurant", souligne John Plassard, directeur des investissements chez Cité Gestion.
Vers 11h20, le contrat de juin sur le brent de mer du Nord progressait de 1,9%, à 107,02 dollars le baril. Celui sur le pétrole WTI gagnait 1,5%, à 97,30 dollars le baril.
Le président américain, Donald Trump, a annoncé jeudi avoir donné pour instruction à l'US Navy d'ouvrir le feu sur tout navire déposant des mines dans le détroit d'Ormuz. Il a par ailleurs annoncé une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, qui devait initialement se terminer dimanche 26 avril.
"L'arrivée [du porte-avions] USS George H. W. Bush dans la région est un signe indéniable que les tensions vont s'intensifier avant de s'apaiser", souligne le courtier spécialisé dans le pétrole EPV. Ce dernier rappelle que "pendant ce temps, chaque jour où le détroit reste fermé, l'économie mondiale est privée de 10% à 15% du pétrole dont elle a besoin."
La guerre au Moyen-Orient pèse sur le moral des consommateurs français et des chefs d'entreprise allemands. La confiance des ménages en France s'est détériorée en avril, selon l'enquête de conjoncture publiée vendredi par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L'indicateur synthétique de confiance des ménages est ressorti à 84 ce mois-ci, contre 89 en mars, accusant sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début de la guerre en Ukraine.
En Allemagne, le climat des affaires s'est dégradé pour le deuxième mois consécutif en avril, selon les données publiées vendredi par l'institut de conjoncture IFO. Son indice du climat des affaires s'est établi à 84,4 ce mois-ci, contre 86,3 en mars, en données révisées. Il s'agit de son niveau le plus faible depuis mai 2020. Les économistes interrogés par le Wall Street Journal tablaient sur un recul plus modéré de l'indice en avril, à 85,5.
En dehors de la géopolitique, la séance est animée par les résultats d'entreprises. En France, les investisseurs réagissent négativement aux publications de Saint-Gobain et d'Accor, mais apprécient celles de Clariane, Seb et Spie.
Sur le marché des changes, l'euro grappille 0,1% face au billet vert, à 1,1693 dollar.
ACTIONS A SUIVRE:
-ACCOR (-1,2%): le groupe hôtelier a publié jeudi soir des revenus en hausse à taux de change constants au premier trimestre, alors que la guerre au Moyen-Orient a principalement pénalisé son activité aux Emirats arabes unis en mars. Son chiffre d'affaires pour les trois premiers mois de 2026 s'est établi à 1,31 milliard d'euros, en baisse de 2,7% en données publiées mais en hausse de 2,3% à changes constants.
-CLARIANE (+4,7%): l'exploitant de maisons de retraite et de cliniques a confirmé ses objectifs financiers pour 2026, après avoir enregistré une progression de son chiffre d'affaires au premier trimestre. Les revenus du groupe se sont élevés à 1,34 milliard d'euros au cours des trois premiers mois de l'année, soit une progression de 1,4% en données publiées et de 4,9% en organique.
-FORVIA (-4,4%): l'équipementier automobile a indiqué vendredi que la cession de ses activités d'éléments intérieurs était "attendue à court terme". Le groupe a également confirmé ses objectifs financiers pour 2026, après avoir enregistré un chiffre d'affaires en baisse de 6,4% au premier trimestre sur un an, en données publiées, à 5,14 milliards d'euros.
-LISI (+1,4%): le fabricant de composants pour les industries aérospatiale et automobile a confirmé jeudi soir ses prévisions annuelles, alors qu'une croissance à deux chiffres de son activité aéronautique a compensé un repli dans l'automobile au premier trimestre.
-Nexity (+0,4%): le promoteur immobilier a publié un chiffre d'affaires en baisse au premier trimestre, mais a enregistré des réservations en légère progression sur un an et a confirmé l'ensemble de ses objectifs pour l'exercice en cours.
-SAINT-GOBAIN (-1,1%): le producteur de matériaux de construction a confirmé son objectif de marge pour 2026, après avoir enregistré un repli de son chiffre d'affaires au premier trimestre, en raison de la baisse de l'activité dans la zone Amériques. Le chiffre d'affaires s'est établi à 11,14 milliards d'euros au premier trimestre, en baisse de 4,9% par rapport au premier trimestre 2025. A structure et change comparables, les ventes ont reculé de 2,3%.
-SEB (+4,9%): le spécialiste du petit équipement domestique a publié un chiffre d'affaires en légère hausse à taux de change constants au premier trimestre et un résultat opérationnel en progression de 42%, à 72 millions d'euros. "Au-delà d'un effet de base favorable, cette progression s'explique par la croissance organique des ventes, et par la baisse des coûts opérationnels sur le trimestre", a-t-il indiqué.
-SPIE (+X,X%): le spécialiste du génie électrique et mécanique a confirmé vendredi tabler sur une progression de ses principaux indicateurs financiers cette année, malgré un recul organique de sa production au premier trimestre dû notamment aux conditions météorologiques en Allemagne et en Europe centrale.
-URW (-0,8%): l'exploitant de centres commerciaux a confirmé son objectif de rentabilité pour 2026, après avoir enregistré un repli de son activité en données publiées au premier trimestre. Pour la période de janvier à mars, le chiffre d'affaires total de la foncière, dit "proportionnel", a atteint 908,2 millions d'euros, soit une baisse de 3,7% par rapport au premier trimestre 2025.
-VALEO (-4,1%): l'équipementier automobile a confirmé ses objectifs 2026 alors que son chiffre d'affaires s'est inscrit à 5,1 milliards d'euros au premier trimestre, en repli de 3,6% par rapport à la même période de 2025. A taux de change et périmètre constants, les revenus ont progressé de 1,3%.
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