
Les Bourses européennes ont clôturé en forte baisse jeudi alors que la poursuite de l'escalade militaire entre les Etats-Unis et l'Iran alimente la flambée des prix du pétrole et ravive les craintes en matière d'inflation.
Les investisseurs ont également réagi à la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir ses taux inchangés à ce stade et à la déception provoquée à Wall Street par les résultats trimestriels de plusieurs géants technologiques comme Alphabet et Tesla.
L'indice Stoxx Europe 600 a perdu 1,2% à 639,27 points. A Paris, le CAC 40 et le SBF 120 ont reculé de respectivement 1,6% et 1,5%. A Francfort, le DAX 40 a cédé 1,6% tandis que le FTSE 100 s'est replié de 0,7% à Londres.
A la mi-séance, Wall Street évoluait nettement dans le rouge. Le Dow Jones et le S&P 500 reculaient respectivement de 1% et 1,3%. Pour sa part, le Nasdaq Composite plongeait de 2,3%.
Les investisseurs restent prudents après la publication des résultats d'Alphabet et avant une nouvelle salve de résultats des géants technologiques américains, commente John Plassard, directeur des investissements de Cité Gestion. La maison mère de Google a dévoilé mercredi soir des bénéfices en forte hausse au titre du deuxième trimestre, mais elle a aussi annoncé qu'elle prévoyait des investissements de près de 200 milliards de dollars au total cette année, ce qui représenterait un doublement par rapport à 2025.
Sur le front géopolitique, la tension entre les Etats-Unis et l'Iran reste toujours aussi forte. L'armée américaine a mené de nouvelles attaques contre l'Iran jeudi, pour la douzième nuit consécutive. Elle a frappé des cibles militaires parmi lesquelles des installations maritimes, des sites de stockage de drones et de missiles et des équipements de défense aérienne, a indiqué le Commandement central américain sur X.
Les Etats-Unis envoient d'importants renforts, des médecins et des armes au Moyen-Orient pour donner au président américain, Donald Trump, des options militaires plus musclées alors qu'il envisage de faire monter en intensité le conflit avec l'Iran, a rapporté le Wall Street Journal.
Les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont par ailleurs revendiqué l'attaque de deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, après avoir annoncé lundi après-midi l'imposition d'un embargo maritime contre l'Arabie saoudite.
Cette extension du conflit au Moyen-Orient entraîne une nouvelle hausse des cours du pétrole. Vers 18h00, le contrat de septembre sur le WTI bondissait de 5,8%, à 91,88 dollars le baril. Le Brent est de son côté repassé au-dessus des 100 dollars le baril pour la première fois depuis le début du mois de juin et s'adjugeait 6,5%, à 100,16 dollars.
Au chapitre macroéconomique, la BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés, se donnant du temps pour évaluer l'impact du regain de tensions au Moyen-Orient et de la flambée des prix du pétrole sur l'inflation dans l'union monétaire. Sa présidente Christine Lagarde a toutefois indiqué que "certains gouverneurs se sont demandé s'il ne faudrait pas envisager une hausse" des taux pour contenir les risques inflationnistes.
Sur le marché des changes, l'euro a perdu 0,3% face au billet vert, à 1,1375 dollar.
ACTIONS A SUIVRE
-NESTLE (-8%) a annoncé jeudi une forte baisse de ses résultats au premier semestre, qui a pris de court le marché. Engagé dans une restructuration qui pèse sur ses coûts, le groupe suisse a également annoncé la cession d'une participation de 50% dans son activité "eaux et boissons" pour 3 milliards d'euros en numéraire.
-Bnp Paribas (-2,8%): la banque a publié jeudi des résultats en hausse et supérieurs aux attentes du marché au titre du deuxième trimestre, mais a subi des prises de bénéfices après s'être contenté de confirmer ses prévisions sans les relever.
-DASSAULT SYSTEMES (+3,7%): l'éditeur de logiciels a annoncé jeudi avoir conclu un accord définitif en vue d'acquérir son concurrent américain ArisGlobal auprès de la société suédoise de capital-investissement Nordic Capital, pour un montant initial et à verser en numéraire de 1,8 milliard de dollars, soit 1,6 milliard d'euros environ. Dassault Systèmes a par ailleurs confirmé ses objectifs financiers pour 2026.
-SEB (+13%): le spécialiste du petit équipement domestique a fait état mercredi soir d'une amélioration de sa rentabilité au premier semestre et a confirmé ses objectifs pour l'année en cours.
-SOITEC (+22%): le fabricant de matériaux avancés pour l'industrie des semi-conducteurs a annoncé mercredi soir un chiffre d'affaires de 113 millions d'euros, en augmentation de 23%, pour le premier trimestre de son exercice décalé. Soitec a avancé sa publication d'une semaine en raison de la nette amélioration de la visibilité sur l'activité Photonics-SOI.
-Stmicroelectronics (-18%): le fabricant de semi-conducteurs a été sanctionné en raison de perspectives inférieures aux attentes pour le troisième trimestre, après un très bon début d'année.
-Thales (+5,1%): le groupe de technologies et de défense a confirmé jeudi ses objectifs pour 2026, après avoir enregistré une baisse de son bénéfice net au premier semestre en raison d'une charge exceptionnelle liée à l'arrêt du programme de frégates allemandes F126.
-TotalEnergies (+2,5%): le producteur d'énergies a publié jeudi un bénéfice ajusté en ligne avec les attentes au titre du deuxième trimestre de 2026 et a maintenu son programme de rachat d'actions pour le trimestre en cours, dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés du pétrole et du gaz.
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