(ABC Bourse) - La dette publique française poursuit son ascension. Au deuxième trimestre 2026, elle a encore gagné 59,6 milliards d’euros et représente désormais 119 % du PIB. Et les projections pour 2027 annoncent déjà un nouveau sommet.

Les milliards continuent de s’empiler. À la fin du deuxième trimestre 2026, la dette publique française a atteint 3 595,5 milliards d’euros, selon les chiffres de l’Insee publiés ce mardi. Elle représente désormais 119 % du produit intérieur brut, contre 117,5 % seulement trois mois auparavant.
La progression ne se limite pas à un mauvais trimestre. Au deuxième trimestre 2025, la dette représentait 115,2 % du PIB selon les données reprises dans la publication. En l’espace d’un an, le ratio a donc bondi de près de 4 points. Entre fin mars et fin juin 2026, 59,6 milliards d’euros supplémentaires sont venus grossir l’encours, après une hausse de 75,8 milliards au premier trimestre.
La dette publique française augmente encore de 59,6 milliards d’euros
L’État porte la plus grosse partie de cette nouvelle augmentation. Sa dette a progressé de 53 milliards d’euros au deuxième trimestre, après une hausse de 66,3 milliards au cours des trois premiers mois de l’année. Dans le même temps, la dette des organismes divers d’administration centrale a reculé de 0,1 milliard d’euros.
Les évolutions diffèrent selon les organismes concernés. La dette de SNCF Réseau a augmenté de 0,3 milliard d’euros, tandis que Bpifrance Participations et France Compétences ont réduit la leur de respectivement 0,2 et 0,1 milliard.
La Sécurité sociale pèse elle aussi dans la hausse enregistrée entre avril et juin. La dette des administrations de sécurité sociale a progressé de 8,4 milliards d’euros, soit autant qu’au premier trimestre. Cette augmentation provient principalement de l’Urssaf, à hauteur de 4,8 milliards, et de la Cades, pour 4 milliards. À l’inverse, la Cnaf s’est désendettée de 0,9 milliard d’euros.
Les comptes locaux ont suivi une trajectoire différente. La dette des administrations publiques locales a diminué de 1,7 milliard d’euros après avoir augmenté de 0,8 milliard au premier trimestre. Les régions ont réduit leur dette de 1,1 milliard, les communes de 0,6 milliard et les départements de 0,4 milliard.
Cette baisse n’est pas uniforme. La dette des organismes divers d’administration locale a progressé de 0,3 milliard d’euros, dont 0,2 milliard pour Île-de-France Mobilités. Celle des syndicats de collectivités locales a augmenté de 0,1 milliard.
La dette française pourrait atteindre 121,7 % du PIB en 2027
Le seuil de 119 % enregistré au deuxième trimestre ne devrait pas constituer le dernier record. Le gouvernement prévoit désormais une dette publique équivalente à 121,7 % du PIB en 2027. Ce niveau représenterait plus du double de la limite européenne fixée à 60 %.
La trajectoire intervient alors que le déficit public devrait atteindre 5,4 % du PIB cette année, contre 5 % espérés auparavant. D’après les données citées, la France se situe derrière la Grèce et l’Italie parmi les pays les plus endettés de la zone euro.
À mesure que l'encours augmente, son financement prend lui aussi davantage de poids. Les intérêts annuels de la dette devraient atteindre 91 milliards d’euros en 2027, selon le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure.
La tension apparaît également sur le marché obligataire. Lundi, le taux des obligations françaises à dix ans dépassait 4,7 %, contre environ 3,6 % pour les obligations allemandes. L’écart entre les deux taux se trouvait alors à son niveau le plus élevé depuis 2012.
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