(ABC Bourse) - Après des frappes de drones iraniens contre deux sites majeurs, le Qatar suspend sa production de GNL. Le marché européen du gaz réagit brutalement, avec une hausse record en quelques heures.

Un choc énergétique en pleine escalade militaire. Ce lundi, le Qatar a annoncé l’arrêt immédiat de sa production de gaz naturel liquéfié après des attaques de drones iraniens visant deux sites stratégiques. En quelques heures, le prix du gaz européen s’est envolé de près de 50%.
L’attaque a visé des installations situées à Ras Laffan et Mesaieed, deux piliers du dispositif gazier qatari. La compagnie publique QatarEnergy a confirmé la suspension de ses activités, provoquant une flambée immédiate du contrat de référence européen TTF néerlandais, qui a atteint son plus haut niveau depuis février 2025.
QatarEnergy suspend sa production de GNL après des frappes à Ras Laffan et Mesaieed
Deux drones iraniens ont ciblé une centrale électrique et un complexe terrestre de traitement du gaz, selon le ministère de la Défense qatari. Un drone a visé une installation énergétique à Ras Laffan, à 80 km au nord de Doha, principal site de production de GNL du pays. Un autre a pris pour cible un réservoir d’eau d’une centrale électrique à Mesaieed, à 40 km au sud de la capitale.
Dans un communiqué, le groupe a déclaré : "En raison des attaques militaires perpétrées contre les installations de QatarEnergy situées dans les zones industrielles de Ras Laffan et de Mesaieed, au Qatar, QatarEnergy a cessé la production de gaz naturel liquéfié (GNL) et de produits dérivés"
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Selon les autorités, ces attaques n’ont pas fait de victimes.
Le Qatar est l’un des principaux producteurs mondiaux de GNL aux côtés des États-Unis, de l’Australie et de la Russie. Il partage avec l’Iran le plus grand réservoir de gaz naturel du monde. La partie qatarie, appelée North Field, représenterait environ 10% des réserves connues de gaz naturel de la planète.
Ces dernières années, Doha a signé des contrats à long terme avec Total, Shell, Petronet, Sinopec et Eni.
Le prix du gaz européen explose, les marchés sous tension
La réaction des marchés a été immédiate. Vers 14h, le contrat à terme du TTF néerlandais s’affichait en hausse de plus de 48%, à 47,320 euros le mégawattheure, après avoir atteint un pic à 47,700 euros (+52,38%), un niveau inédit depuis février 2025.
Malgré cette envolée spectaculaire, les prix restent loin du record de 2022, lorsque le mégawattheure avait dépassé les 300 euros au début de la guerre en Ukraine.
La majorité du GNL qatari est exportée vers l’Asie. Toute perturbation durable pourrait intensifier la concurrence pour les cargaisons alternatives et exercer une pression supplémentaire sur les prix mondiaux, y compris en Europe.
Cette annonce intervient alors que Téhéran mène pour la troisième journée consécutive des frappes contre des pays du Golfe abritant des bases américaines, en riposte à l’attaque lancée samedi par Israël et les États-Unis.
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