
(ABC Bourse) - Trade Republic, la fintech allemande qui séduit les jeunes investisseurs, vient de franchir un cap symbolique. À la faveur d'une opération secondaire de 1,2 milliard d'euros, elle est désormais valorisée 12,5 milliards d'euros, contre 5 milliards auparavant. Un record qui s’accompagne d’un changement dans la structure de son actionnariat, avec l’arrivée de nouveaux poids lourds.
Basée à Berlin, mais très active en France depuis 2021, l’entreprise est rentable depuis trois ans et ne cesse d’élargir sa base client. "Cette opération permet tout d'abord à des business angels qui sont rentrés au tout début de sortir afin de pouvoir retourner du capital à leurs investisseurs", explique Matthias Baccino, directeur des marchés européens. L’entreprise précise que la transaction ne constitue pas une levée de fonds : "Cela n'était pas nécessaire car Trade Republic est rentable depuis trois ans. Nous démontrons qu'on est capable d'avoir de l'hypercroissance et d'être profitable en même temps".
Une décacorne européenne qui veut séduire la France
Ce tour de table permet à Aglaé Ventures, le fonds de la famille Arnault, de faire son entrée aux côtés de GIC, Wellington, Khosla Ventures ou encore Fidelity. Déjà présents, Founders Fund (Peter Thiel), Sequoia, Accel ou Thrive ont renforcé leur position. Avec 10 millions de clients sur le continent, Trade Republic revendique plus d’un million d’utilisateurs en France. "Au cours des dix-huit derniers mois, nous avons doublé notre base de clients pour dépasser 10 millions de personnes qui gèrent plus de 150 milliards d'euros d'actifs […]", déclare Christian Hecker, cofondateur.
La France devient un marché stratégique. L’entreprise y proposera un compte courant avec IBAN français, un PEA et un accès facilité aux investissements dans des entreprises non cotées. "On a doublé la taille de la société en 18 mois", souligne Vincent Grard, directeur France, qui prépare l’ouverture d’un centre technologique à Paris. "C’est une partie toujours en cours de travail. En France, nous avons les meilleurs talents dans le domaine de l’IA. C’est vraiment un super endroit pour nous afin de créer un hub technologique".
Hypercroissance, épargne retraite et instabilité politique
Trade Republic cible un public jeune, avec une moyenne d’âge de 32 ans. "La moyenne d’âge de nos clients s’élève à 32 ans. Ce sont des gens qui compris qu’il fallait du temps pour préparer du capital", précise Vincent Grard. Le néocourtier propose des plans d’investissement programmés et un modèle tarifaire simple : un euro de frais par transaction.
L’entreprise emploie 600 personnes et prévoit une centaine de recrutements pour son futur siège parisien. "On investit beaucoup en France et on va embaucher. On est déjà en train de recruter des développeurs informatiques.", rappelle Matthias Baccino.
À ses yeux, l’actualité politique joue un rôle dans le succès de la fintech. "Les deux startups les plus valorisées d’Europe, Revolut et nous, sont deux sociétés qui s’occupent de l’argent des gens, aussi bien pour être une banque du quotidien que pour les plans d’épargne. Ça me donne l’impression d’être en avance sur nos politiques. Les gens ont arrêté d’attendre des réformes et se prennent en main eux-mêmes", observe Vincent Grard. Il ajoute : "L’incertitude politique ne fait que renforcer l’anxiété des gens. L’étape d’après, c’est le passage à l’action. Donc clairement, la situation politique actuelle a favorisé la croissance de Trade Republic".
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