
(Zonebourse.com) - On dit souvent que la première victime d'une guerre est la vérité et le conflit au Moyen-Orient l'illustre bien. Depuis lundi, différents narratifs se croisent et s'entrechoquent, provoquant une grande confusion sur les marchés. Ce mercredi, c'est plutôt la thèse d'une accalmie - en tout cas à Ormuz - qui semble émerger. Conséquence, Paris et Francfort progressent de 1,5% devant Londres ( 1,1%), tandis que les cours du brut se détendent. Pour combien de temps ?
Récapitulons : ce week-end, Trump lançait un ultimatum à l'Iran, lui laissant 48h pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Dès le lendemain, la Maison-Blanche annonçait une interruption des frappes pour cinq jours en raison de discussions "très positives et constructives" avec Téhéran. Puis la République islamique douchait l'enthousiasme en démentant tout pourparler avec les États-Unis avant, semble-t-il, de jouer l'apaisement dans le détroit d'Ormuz en autorisant le passage de quelques navires.
Perdus dans ces flots d'informations contradictoires et court-termistes, les marchés rebondissent au gré des déclarations d'un camp ou de l'autre, sans véritable conviction ni vision.
Pour l'instant, "l'Iran semble adopter une stratégie mesurée dans le détroit d'Ormuz, privilégiant le passage sélectif des navires comme signal stratégique plutôt que de paralyser totalement le trafic", note MarineTraffic, site spécialisé dans le suivi en direct du positionnement des navires.
Selon les données du site, neuf bâtiments ont traversé le détroit depuis hier. Mais s'agit-il d'une véritable reprise d'activité ou d'un trafic simplement plus restreint ?
À en croire les communications officielles, Téhéran n'est pourtant pas prêt de baisser les armes. "Tant que tous les dommages n'auront pas été réparés, que toutes les sanctions n'auront pas été levées et qu'une garantie juridique internationale de non-ingérence des USA dans les affaires de l'Iran n'aura pas été obtenue, la guerre continuera ; tel est le choix de notre peuple, de notre guide et de nos forces armées", assure la République islamique, via son ambassade parisienne.
Reste à savoir si, au-delà des postures officielles, des déclarations officieuses ont réellement lieu. Un mystérieux plan de paix en 15 points a bien été évoqué mais l'Iran nie ce matin toute négociation avec Washington, et Israël poursuit aussi ses frappes.
Les marchés ont pourtant rapidement salué l'apparente détente à Ormuz, comme en témoigne le cours du Brent, qui recule de 1% à mi-séance, autour de 98,9 USD. Autre signe illustrant l'apaisement des marchés, le VIX abandonne 5%, pour retomber vers 25 points.
Les valeurs en mouvement
Dans l'actualité des valeurs, l'indice parisien est soutenu ce matin par Legrand ( 3,7%) et STMicro ( 3,2%), suivis de Schneider ( 3,1%).
Parmi les autres mouvements notables, notons Prosus qui s'échappe en tête de l'Euro Stoxx 50 avec un gain de 4,6%, devançant les deux allemands Infineon et Siemens Energy ( 3,7% chacun).
En revanche, Nordea Bank recule de 4,1% et Deutsche Telekom se contracte de 1,2%.
Dans le reste de l'actualité des sociétés, DHL Supply Chain et iglo Deutschland ont prolongé leur partenariat pour cinq années supplémentaires. Volkswagen envisagerait de reconvertir une de ses usines dans la production militaire en se rapprochant du groupe israélien Rafael Advanced Defence Systems, fabricant du système de défense antimissile Iron Dome.
Le repli de l'Ifo lié au conflit au Moyen-Orient
Côté statistiques, en Allemagne, l'indice Ifo mesurant le climat des affaires est passé de 88,4 en février à 86,4 points en mars à comparer avec des attentes à 86,2 points.
Selon Commerzbank, cette baisse reflète les inquiétudes légitimes des entreprises allemandes face à la guerre au Moyen-Orient. "Si le conflit et le blocage du détroit d'Ormuz devaient se prolonger encore un ou deux mois, les dommages économiques pour l'Allemagne seraient clairement perceptibles - d'autant plus que la reprise économique, que beaucoup espéraient, ne s'était pas encore matérialisée dans les indicateurs avancés peu avant le déclenchement de la guerre", indique en substance la banque.
Dans l'après-midi, les investisseurs prendront connaissance de plusieurs statistiques américaines, avec les prix à l'import et à l'export (13h30) et le niveau des stocks de pétrole (15h30).
Enfin, notons que l'euro recule de 0,1% face au billet vert, à 1,16 USD, tandis que le bitcoin s'apprécie de 1,5%, à 71 400 USD.
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