(ABC Bourse) - Les prix records à la pompe commencent à produire un effet spectaculaire sur les habitudes des Français. En dix jours, la consommation de carburant a chuté de 30 %, avec une conséquence inattendue sur les recettes fiscales de l'État.

À force de voir défiler les euros sur l'écran de la pompe, les automobilistes semblent avoir sérieusement levé le pied. En France, la consommation de carburants a chuté de 30 % entre le 11 et le 20 septembre par rapport aux dix premiers jours du mois, selon les chiffres communiqués ce mardi 22 septembre par le ministre des Comptes publics, David Amiel.
Cette baisse intervient alors que les prix restent à des niveaux particulièrement élevés. Le gazole atteint 2,41 euros le litre en moyenne en France, tandis que le SP98 s'établit à 2,27 euros et le SP95-E10 à 2,17 euros. Une flambée qui gonfle la TVA prélevée sur chaque litre vendu, mais qui provoque dans le même temps une forte contraction de la consommation. Et pour les finances publiques, le deuxième effet pèse désormais plus lourd que le premier.
La consommation de carburant chute de 30 % et fait reculer les recettes de l'État
Les chiffres détaillés par David Amiel montrent l'ampleur du phénomène. Le ministre explique : "Résultat: au 20 septembre, depuis le début du conflit, les recettes fiscales sur le carburant ont reculé de 407 millions d'euros par rapport à l'an dernier (+710 millions d'euros de TVA, -1,117 milliard d'euros d'accises)"
Le calcul peut sembler contre-intuitif. Avec l'envolée du prix du litre, les recettes de TVA ont progressé de 710 millions d'euros par rapport à l'année précédente. Mais cette hausse ne suffit pas à compenser le recul de l'autre grande recette fiscale associée aux carburants.
L'accise, anciennement appelée TICPE, repose sur une somme fixe appliquée aux volumes vendus. La source indique 61 centimes sur le litre d'essence et 69 centimes sur celui de gazole. Quand les automobilistes achètent beaucoup moins de carburant, cette recette diminue, quel que soit le prix affiché à la station.
La baisse atteint ici 1,117 milliard d'euros. Une fois retranchés les 710 millions d'euros supplémentaires provenant de la TVA, le solde fiscal ressort donc négatif de 407 millions d'euros par rapport à l'année précédente. David Amiel assure à ce sujet qu'"il n'y a pas de cagnotte".
Le montant marque aussi une nette évolution par rapport aux chiffres avancés quelques jours auparavant. La perte annoncée atteignait encore seulement 10 millions d'euros quatre jours plus tôt, selon la source.
Gazole à 2,41 euros, de nouvelles aides attendues pour les automobilistes
La pression reste forte pour les conducteurs qui n'ont pas la possibilité de réduire facilement leurs déplacements. Le gazole demeure à un niveau record de 2,41 euros le litre en moyenne, tandis que l'essence reste elle aussi particulièrement chère avec le SP98 à 2,27 euros et le SP95-E10 à 2,17 euros.
Face à la flambée des prix provoquée par les tensions internationales, le gouvernement doit annoncer de nouvelles aides dans l'après-midi de ce mardi 22 septembre. Un nouveau mécanisme doit prendre le relais au 1er octobre de l'aide de 100 euros destinée aux "gros rouleurs".
Trois millions de Français étaient éligibles à cette aide, mais seule la moitié d'entre eux y ont eu recours. Le ministre de l'Économie Roland Lescure défend désormais une aide "supplémentaire" pour ce public, avec un changement important dans son fonctionnement : elle pourrait être versée "automatiquement".
La question du soutien aux automobilistes arrive donc au moment où les prix records commencent à modifier fortement les volumes achetés. Entre le 11 et le 20 septembre, la baisse de 30 % mesurée par le gouvernement a suffi à bouleverser l'équilibre des recettes fiscales liées aux carburants.
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