
(Agefi-Dow Jones)--Les rendements obligataires poursuivent leur baisse mardi, alors que les investisseurs s'inquiètent de plus en plus d'un ralentissement de la croissance avec la flambée des prix de l'énergie liée à la guerre au Moyen-Orient.
Vers 10h50, le rendement du Bund allemand à dix ans cédait 1 point de base (0,01 point de pourcentage), à 3,03%, tout comme celui de l'OAT française de même échéance, à 3,76%.
Aux Etats-Unis, le taux du titre du Trésor américain à 10 ans perdait 3 points de base, à 4,33%.
La baisse des taux longs ces derniers jours "a traduit une inquiétude croissante sur la croissance, alors même que le choc énergétique restait inflationniste", souligne dans une note mardi John Plassard, directeur des investissements chez Cité Gestion. "Les taux courts sont devenus extrêmement sensibles aux publications macroéconomiques et aux développements géopolitiques, créant une volatilité accrue sur la courbe", pointe-t-il.
"Le choc actuel est d'autant plus complexe qu'il est exogène, donc difficilement contrôlable par la politique monétaire. Les banques centrales se retrouvent ainsi dans une position réactive, et non plus proactive. Cela réduit leur crédibilité en tant que stabilisateur de marché. Et c'est précisément cette perte de visibilité qui nourrit la volatilité obligataire", juge encore John Plassard.
En France, l'inflation repart nettement à la hausse. Elle s'est ainsi accentuée en mars, à 1,7% sur un an après 0,9% en février, selon les données provisoires publiées mardi par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
Par ailleurs, la consommation des ménages français en biens a baissé en février, a indiqué mardi l'Insee. Le mois dernier, la consommation des ménages a reflué de 1,4% par rapport au mois précédent. En janvier, elle avait progressé de 0,4%, en données révisées, alors que la première estimation faisait état d'une hausse de 0,5%.
"Pour les marchés, ce cocktail est délicat. D'un côté, une inflation tirée par l'énergie pourrait accélérer les anticipations de hausse de taux de la BCE (deux à trois hausses sont prévues par le consensus). De l'autre, la faiblesse de la consommation milite pour une politique monétaire plus prudente", estime dans une note mardi Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro.
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