
Les rendements des obligations d'Etat se replient légèrement jeudi en Europe, après la publication d'indicateurs PMI montrant un nouveau recul de l'activité du secteur privé en mai sur le Vieux Continent.
Vers 10h55, le rendement du Bund allemand à dix ans cédait 1 point de base (0,01 point de pourcentage), à 3,09%. Le taux espagnol à 10 ans perdait également 1 point de base, à 3,52%, alors que le taux italien de même échéance se stabilisait, à 3,83%. Celui de l'OAT française à dix ans prenait en revanche un peu moins de 1 point de base, à 3,72%.
La baisse du rendement de l'obligation à 10 ans britannique est plus marquée: il reculait de 3 points de base, à 4,96%.
L'activité du secteur privé dans la zone euro a baissé en mai pour le deuxième mois d'affilée, affectée par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, selon les données provisoires publiées jeudi par S&P Global et Hamburg Commercial Bank (HCOB). L'indice PMI composite de la zone euro s'est établi à 47,5 ce mois-ci, contre 48,8 en avril. Les économistes interrogés par Dow Jones Newswires tablaient sur un indice de 48,6 pour mai. Un chiffre supérieur à 50 indique une expansion de l'activité par rapport au mois précédent, tandis qu'un chiffre inférieur à 50 reflète une contraction.
En France, l'indice PMI composite s'est établi à 43,5 ce mois-ci, contre 47,6 en avril. Il s'agit de son niveau le plus faible depuis cinq ans et demi.
Le ralentissement de l'activité économique pourrait pousser la Banque centrale européenne (BCE) à ne pas adopter une politique monétaire trop restrictive. Mais en parallèle, l'institution monétaire va devoir contenir des tensions inflationnistes de plus en plus fortes avec la poursuite du conflit au Moyen-Orient.
"Cela fait maintenant 11 semaines [que la guerre au Moyen-Orient a commencé, ndlr] et les détroits sont toujours fermés", souligne dans une note jeudi Dino Kronfol, responsable des investissements sur les marchés de taux chez Franklin Templeton Fixed Income. "Si nous sommes toujours dans la même situation dans 11 semaines, la pression continuera de s'accumuler et nous commencerons à constater des pénuries liées à l'impact de la fermeture des détroits. Je pense que nous continuerons à voir se cumuler la hausse des prix du pétrole, des engrais et des denrées alimentaires, ce qui se transmettra aux anticipations d'inflation et, par conséquent, aux marchés de taux", ajoute l'expert.
"Nous avons déjà observé un changement important: le Royaume-Uni et l'Europe anticipent désormais trois hausses de taux, tandis qu'aux Etats-Unis, les attentes sont passées de deux baisses de taux à peut-être une demi-baisse ou une seule baisse d'ici un an. La dynamique a donc changé et nous avons intégré une impulsion inflationniste dans les prix. Mais si nous sommes toujours dans la même situation dans dix semaines, cette impulsion inflationniste deviendra beaucoup plus marquée et aura également un impact sur la croissance. Il pourrait donc encore y avoir des conséquences économiques et inflationnistes significatives liées à ce à quoi nous assistons aujourd'hui", estime Dino Kronfol.
De l'autre côté de l'Atlantique, le rendement de l'obligation du Trésor américain à dix ans reculait pour sa part de 1 point de base, à 4,58%.
