
Les taux longs évoluent près de l'équilibre vendredi matin, alors que les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis se poursuivent sans donner de signes tangibles d'avancées diplomatiques.
Vers 11h05, le rendement du Bund allemand à dix ans était pratiquement stable, à 3,03%, de même que celui de l'OAT française de même échéance, à 3,67%. De son côté, le taux italien à dix ans perdait 1 point de base (0,01 point de pourcentage), à 3,77%.
De l'autre côté de l'Atlantique, le taux de l'obligation à 10 ans du Trésor américain reculait de 1 point de base, à 4,47%.
Les investisseurs attendent avec intérêt la publication des chiffres de l'emploi américain pour mai vendredi à 14h30 (heure de Paris), "un indicateur susceptible d'influencer directement les anticipations de taux de la Réserve fédérale (Fed)", rappelle John Plassard, directeur des investissements chez Cité Gestion.
"Alors que de nombreuses banques centrales devraient relever leurs taux directeurs à court terme, une hausse des taux n'a jusqu'à présent pas fait partie des priorités de la Réserve fédérale américaine. Au contraire, son nouveau président, Kevin Warsh, est largement perçu comme favorable à des taux d'intérêt plus bas", expliquent dans une note publiée vendredi les analystes de la banque privée suisse J. Safra Sarasin.
"Toutefois, dans un contexte d'inflation élevée, alimentée par la guerre avec l'Iran et les droits de douane, ainsi que par une économie américaine plus résiliente, soutenue par un puissant cycle d'investissements dans l'intelligence artificielle, les arguments en faveur d'un assouplissement monétaire se sont nettement affaiblis", ajoutent-ils.
La prochaine réunion de politique monétaire de la Fed aura lieu les 16 et 17 juin et sera la première présidée par Kevin Warsh. Celle-ci "devrait s'accompagner d'un message relativement restrictif ("hawkish", avec un graphique des anticipations de taux ("dot plot") qui devrait montrer l'absence de baisse des taux cette année. Certains responsables pourraient même envisager une hausse des taux", anticipe J. Safra Sarasin.
De l'autre côté de l'Atlantique, la Banque centrale européenne (BCE) tiendra sa prochaine réunion de politique monétaire le 11 juin. De nombreux observateurs s'attendent à une augmentation des taux de 25 points de base. En plus de cette hausse de juin, "nous prévoyons une nouvelle hausse des taux en septembre, mais pas davantage de resserrement monétaire cette année. Nous estimons ainsi que les anticipations actuellement intégrées par les marchés sont trop agressives", juge encore J. Safra Sarasin.
Ces prévisions pourraient toutefois être remises en cause par les données sur le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro, qui ont été nettement révisées à la baisse ce vendredi. Le PIB de l'union monétaire a reculé de 0,2% au premier trimestre par rapport aux trois mois précédents, selon la troisième estimation publiée par Eurostat, l'agence européenne de la statistique. La deuxième estimation d'Eurostat faisait état d'une croissance de 0,1%. Le ralentissement de l'économie voire le risque de récession pourrait inciter la BCE à ne pas durcir sa politique monétaire dans l'immédiat.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
