
Les rendements obligataires progressent jeudi matin dans la zone euro, au lendemain de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) de maintenir ses taux directeurs inchangés.
Vers 11h40, le rendement du Bund allemand à dix ans progressait de près de 2 points de base (0,02 point de pourcentage), à 3,20%. Le taux de l'OAT française de même échéance gagnait aussi 2 points de base, à 3,98%, tandis que le rendement du dix ans italien prenait 3 points de base, à 4,01%. Son équivalent américain s'adjugeait 1 point de base, à 4,70%.
La banque centrale américaine a maintenu mercredi soir son principal taux directeur dans une fourchette de 3,5% à 3,75%. Ce niveau, en vigueur depuis décembre dernier, est jugé proche du niveau neutre pour l'économie.
Cette décision a été prise à une majorité de neuf voix, trois membres votants de la Fed s'étant prononcés pour un relèvement d'un quart de point. Pour qualifier ces divergences au sein du comité de politique monétaire au cours de sa traditionnelle conférence de presse, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a employé à plusieurs reprises l'expression de "querelle de famille", soulignant que les débats de ces deux derniers jours avaient été vigoureux.
"Le président [de la Fed] Kevin Warsh a évoqué le fait que l'inflation se maintient depuis un certain temps au-dessus de l'objectif [de 2%, ndlr] et a souligné l'engagement de la Fed en faveur de la stabilité des prix; cela laisse entendre qu'un certain resserrement de la politique monétaire pourrait encore s'avérer nécessaire, même si ce n'est peut-être pas aussi imminent que les marchés l'avaient initialement anticipé", juge dans une note jeudi Tiffany Wilding, économiste chez Pimco.
"Une question cruciale pour les perspectives de la politique monétaire ne réside pas simplement dans le fait de savoir si la Fed va relever ses taux, les maintenir ou, à terme, les baisser. Il s'agit de savoir si la tolérance de la Fed à l'égard d'une inflation 'de l'ordre de 2% et quelques' est en train d'évoluer sous la présidence de Kevin Warsh. Ce dernier a souligné que l'objectif était une inflation de 2%, mais il a également évoqué des interrogations quant à la manière dont l'inflation est mesurée et ne semblait pas pressé de modifier la politique monétaire, malgré l'accent qu'il a mis sur la durée pendant laquelle l'inflation est restée au-dessus de l'objectif", ajoute l'experte.
Les craintes au sujet de l'inflation se sont par ailleurs réveillées après de nouvelles tensions au Moyen-Orient. Mercredi, la Bourse de New York a clôturé en forte baisse après une remontée des cours sur le marché pétrolier, dans un contexte d'escalade militaire entre les Etats-Unis et l'Iran. L'armée des Etats-Unis a mené cette nuit une série de frappes contre l'Iran en réponse à l'attaque de missiles lancée mardi par la République islamique contre des forces américaines basées au Moyen-Orient.
Vers 11h40, le contrat de septembre sur le brent de mer du Nord coté à Londres gagnait 0,1%, à 90,86 dollars le baril.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
