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Actualité publiée le 27/03/25 09:00

Déficit ramené à 5,8 %, dette record à 3 305 milliards euros : la France joue avec le feu

(ABC Bourse) - Selon les données publiées ce jeudi 27 mars par l’Insee, la dette publique de la France a atteint 3 305,3 milliards d’euros à la fin 2024, un nouveau sommet historique. Quant au déficit public, attendu au-delà des 6 %, il s’est finalement établi à 5,8 % du PIB, un niveau jugé “moins mauvais” par le gouvernement. Mais la trajectoire globale reste tendue, avec une dette qui pèse désormais 113 % de la richesse nationale.

Ce fragile “moins pire que prévu” repose sur quelques bonnes surprises budgétaires de dernière minute, notamment du côté des collectivités locales et de la Sécurité sociale. Lors d’une audition au Sénat le 19 mars, le directeur du Trésor Éric Lombard s’était voulu rassurant, évoquant des “informations comptables plus positives”. Une vision partagée par la ministre déléguée aux Comptes publics, Amélie de Montchalin, qui estimait alors que le chiffre final “pourrait être un peu meilleur que prévu”. Verdict : un déficit ramené sous les 6 %, mais encore très loin de l’objectif de 3 % imposé par Bruxelles.

Une dette qui s’accumule trimestre après trimestre

Ce chiffre de 3 305,3 milliards d’euros n’est pas qu’un symbole : il confirme une dynamique d’endettement continue. En seulement trois mois, la dette française a progressé de 3,8 milliards, bien que ce rythme reste plus contenu que les 71,7 milliards enregistrés au trimestre précédent. En un an, l’augmentation atteint plus de 202 milliards d’euros, selon les précisions de l’Insee.

Dans la zone euro, seule une poignée de pays font pire. La Grèce et l’Italie affichent encore un ratio dette/PIB plus élevé. Mais en matière de déficit, la France détient désormais la pire performance de l’Union monétaire, confirmant une fragilité structurelle qui inquiète à Bruxelles.

Dépenses qui accélèrent, recettes qui patinent

Le redressement espéré des finances publiques se heurte à une réalité difficile : en 2024, les dépenses publiques ont grimpé de 3,9 %, représentant 57,1 % du PIB, contre 56,9 % un an plus tôt. En parallèle, les recettes n’ont progressé que de 3,1 %, freinées par un environnement économique en berne.

Le gouvernement espérait encore en 2023 ramener le déficit à 4,4 %. Mais ce scénario s’est rapidement envolé. Le déficit avait déjà atteint 5,4 % en 2023, chiffre revu à la baisse récemment. Pour 2025, l’objectif est de stabiliser à 5,4 %, avec un retour sous la barre fatidique des 3 % repoussé à 2029.

Les paris risqués du gouvernement pour calmer les marchés

Le gouvernement Barnier estimait que la dette atteindrait son pic en 2027, à 116,5 % du PIB, avant de refluer doucement. Cette trajectoire repose toutefois sur des hypothèses fragiles. Car entre la fin du “frein à l’endettement” en Allemagne — qui fait flamber les taux — et l’annonce d’un réarmement massif pour faire face aux tensions géopolitiques, les marges de manœuvre budgétaires se réduisent à vue d’œil.

Emmanuel Macron a promis que ce renforcement militaire se ferait “sans impôts supplémentaires”. Mais les marchés, eux, restent attentifs à la capacité réelle de la France à tenir ses engagements. En avril, un comité d’alerte budgétaire réunissant parlementaires et collectivités locales doit se réunir pour la première fois. Une manière de serrer les rangs avant que les agences de notation ne s’en mêlent.

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23 commentaires sur cet article. Participez à la discussion.

glanglois
27/03/25 09:27
Quand Macron est arrivé la dette de la France était de 1650 milliards sur plus de 50 ans aujourd'hui c'est 3305 milliards c'est 1655 milliards de dettes supplémentaire en seulement 6 ans soit 275 milliards de dette par an sous Macron pour 33 milliards de dette avant lui ... Mais ou est passé cette argent !!! car il na rien fait depuis son arrivé c'est un zéro pointé sur toutes les lignes.
chabl
27/03/25 09:58
C'est le coûte que coûte à l'Etat dans toutes les circonstances !!! Et ensuite on laisse proliférer les Comités de Réflexion, les Consultations de Cabinets de Conseil pour simplifier l'Administration , etc .... sans arriver à prendre des décisions courageuses par peur des oppositions. Mais là où les taux d'emprunt ne coûtaient soi-disant plus rien on est en train de voir que maintenant c'est bien fini et que ça va faire très mal si l'on n'arrive pas à économiser !!!
moicmoi
27/03/25 10:06

Le Covid ! Tous les mauvais points passent à la sauce Covid.
C’est pas d’ma faute, c’est le Covid .

Et l’inflation entretenue en partie pour ses recettes fiscales un peu gonflées.

Le pognon dingue balancé en Ukraine ?....Pffff. c’est que dalle.

Wakatanka
27/03/25 10:45

Où sont passé les sommes astronomiques dépensées par les 3 derniers dirigeants ?


C'est simple : Les prestations sociales (retraites avec un régime de retraite des fonctionnaires qui est un véritable gouffre ! , dépense de santé, ensemble des allocations ...) et les dépenses de fonctionnement (salaires des fonctionnaires avec un taux de fonctionnaires qui fait palir la Corée du Nord d'envie ! , frais de bouche souvent délirant, privilèges d'un autre temps chauffeur, garde du corps , secrétaire , femmes de chambre, voiture de fonction ... , ...).


Voila tout cela coûte un pognon de dingue et n'est remis en cause par personne. CQFD.

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